“ C’est à peine si, avec le bruit du ciel, on entendrait venir le malandrin. (Il commence à manger. On entend un bruit lointain. Il se lève effaré.) Nom de nom ! le voilà, le malandrin ! On marche, là ! (Il prend son fusil. On frappe au volet.) ”
Malandrin
Définition et enjeux
Citations sur “malandrin”
J.-H. Rosny aîné,
La Femme disparue
(1926)
“ Martin songe au cri qu’a poussé le rôdeur. Si la blessure avait été légère, il n’aurait pas fait entendre une telle plainte... Il doit être mort, évanoui ou trop faible pour combattre. — Faut en finir ! grommelle le malandrin. Il se dresse, il fait un premier pas, non vers la pierre, mais dans la direction opposée. Puis, il hésite, Le sentiment qui l’entraîne est trop complexe pour qu’il y réfléchisse : il veut voir son travail. Après avoir bien tendu l’oreille, il se tourne, il marche délibérément vers le bloc, la carabine prête, la prunelle attentive. ”
Maxime Du Camp,
Paris bienfaisant
(1888)
“ L'armée des malandrins est multiple et elle est partout; elle se déguise, elle revêt toutes les formes, elle parle tous les langages; mieux qu'Ulysse elle est fertile en ruses; rien ne la décourage, elle sait d'avance qu'elle finira par remporter la victoire, qui est celle de l'imposture, car elle s'attaque à ce qu'il y a de plus facile à tromper : aux cœurs compatissants. ”
Maurice Maeterlinck,
La Princesse Maleine
“ Entrent la princesse Maleine et la Nourrice. MALEINE. Oh, qu’il fait noir ici ! LA NOURRICE. Il fait noir ! il fait noir ! une forêt est-elle éclairée comme une salle de fête ? — J’en ai vu de plus noires que celle-ci ; et où il y avait des loups et des sangliers. Je ne sais d’ailleurs s’il n’y en a pas ici ; mais, grâce à Dieu, il passe au moins un peu de lune et d’étoiles entre les arbres. MALEINE. Connais-tu le chemin, nourrice ? LA NOURRICE. Le chemin ? Ma foi non ; je ne connais pas le chemin. Croyez-vous que je connaisse tous les chemins ? Vous avez voulu aller à Ysselmonde ”
Maurice Maeterlinck,
La Princesse Maleine
“ Tu sais bien qu’il n’y a pas une cour plus sombre en Hollande ; tu sais que son château a peut-être d’étranges secrets. Mais tu ne sais pas ce que l’on dit de cette reine étrangère, venue avec sa fille au palais d’Ysselmonde, et je ne te dirai pas ce qu’on en dit ; car je ne veux pas verser de poison dans ton cœur. — Mais tu allais entrer, toute seule, dans une effrayante forêt d’intrigues et de soupçons ! — Voyons, réponds, Maleine ; n’avais-tu pas peur de tout cela ? et n’était-ce pas un peu malgré toi que tu allais épouser le prince Hjalmar ? ”
Maurice Maeterlinck,
Théâtre 1
“ Maleine est morte?LA NOURRICE [dans la chambre] .Oui! oui! oui! oui! oui! Entrez! entrez! entrez!HJALMAR [à la porte] .Morte? Est-ce qu'elle est morte?LA NOURRICE.Maleine! Maleine! Maleine! Elle est froide! Je crois qu'elle est froide!HJALMAR.Oui!LA NOURRICE.Oh! oh! oh! [La porte se referme.] SCÈNE IV. La chambre de la princesse Maleine. [On découvre Hjalmar et la nourrice.--Durant toute la scène on entend sonner le tocsin au dehors.] LA NOURRICE.Aidez-moi! aidez-moi!HJALMAR.Quoi? à quoi? à quoi?LA NOURRICE.Elle est raide! Mon Dieu! mon Dieu! Maleine! Maleine! ”
Maurice Maeterlinck,
La Princesse Maleine
“ HJALMAR. Il va, toutes les nuits, creuser des fosses dans les vergers. MALEINE. Pourquoi ? HJALMAR. On ne sait pas. MALEINE. Est-ce moi qu’il montre du doigt ? HJALMAR. Oui, n’y fais pas attention. MALEINE. Il fait le signe de la croix ! LE FOU. Oh ! oh ! oh ! MALEINE. J’ai peur ! HJALMAR. Il a l’air épouvanté. LE FOU. Oh ! oh ! oh ! HJALMAR. Il s’en va. — Sort le Fou. —ANNE. À quand les noces, Maleine ? HJALMAR. Avant la fin du mois, si mon père y consent. LE ROI. Oui, oui... ANNE. Vous savez que je reste ici jusqu’à vos noces ; et Uglyane aussi ; oh ! la pauvre Uglyane ! ”
Maurice Maeterlinck,
La Princesse Maleine
“ LE ROI,dans la chambre. Oh ! oh ! profondément ! On frappe.ANNE. Taisez-vous ! LA NOURRICE,dans le corridor. Maleine ! — Ma pauvre petite Maleine ! Je vous apporte de beaux raisins blancs et un peu de bouillon. Ils disent que vous ne pouvez pas manger ; mais je sais que vous êtes très faible ; je sais bien que vous avez faim. — Maleine, Maleine ! Ouvrez-moi ! LE ROI,dans la chambre. Oh ! oh ! oh ! ANNE. Ne pleurez pas ! elle s’en ira. LA NOURRICE,dans le corridor. Mon Dieu ! voilà Hjalmar qui arrive avec le petit Allan. Il va voir que je lui apporte des fruits. ”
Maurice Maeterlinck,
La Princesse Maleine
“ À un seigneur. Voudriez-vous aller fermer la porte ? LE ROI. Oh ! fermez bien les portes ! — Mais pourquoi marchez-vous sur la pointe des pieds ? HJALMAR. Y a-t-il un mort dans la salle ? LE ROI. Quoi ? Quoi ? HJALMAR. On dirait qu’il marche autour d’un catafalque ! LE ROI. Mais pourquoi ne parlez-vous que de choses terribles, ce soir ?... HJALMAR. Mais, mon père... ANNE. Parlons d’autre chose. N’y a-t-il pas de sujet plus joyeux ? UNE DAME D’HONNEUR. Parlons un peu de la princesse Maleine... LE ROI,— se levant. — Est-ce que ? est-ce que ?... ANNE. Asseyez-vous ! asseyez-vous ! ”
Maurice Maeterlinck,
La Princesse Maleine
“ ANNE. Mais c’est pourquoi il faut le rendre heureux. — Attention ! il arrive avec sa mendiante de cire ; il l’a promenée autour des marais, et l’air du soir l’a déjà rendue plus verte qu’une noyée de quatre semaines. Entrent le prince Hjalmar et la princesse Maleine. Bonsoir, Hjalmar. — Bonsoir, Maleine ! vous avez fait une belle promenade ? HJALMAR. Oui, Madame. ANNE. Il vaut mieux cependant ne pas sortir le soir. Il faut que Maleine soit prudente. Elle me semble un peu pâle déjà. L’air des marais est très pernicieux. MALEINE. On me l’a dit. Madame. ANNE. Oh ! c’est un véritable poison. ”
Abbé Regley, Histoire de Louis Mandrin, depuis sa naissance jusqu'à sa mort… (1827)
“ Celle que vous aimez est noble ; vous n'avez peut-être pas eu le courage de dire que vous l'êtes ; il faut vous appeler monsieur du Mandrin , dire souvent ma terre , mes gens, mes chevaux, mon équipage. On écoulera vos titres , et l'amour se glissera a l'ombre de votre noblesse. Tu me fais ouvrir les yeux, dit Mandrin, je commence à m'apercevoir que ma roture ne figure pas bien à côté de la noblesse de mon amante, et que l'orgueil du sang peut étouffer dans elle les sentimens du coeur. Je suis donc monsieur du Mandrin. ”
Maurice Maeterlinck,
La Princesse Maleine
“ Maleine ! Maleine ! Maleine fait signe que oui.LE ROI. Ah ! ANNE. Tu es effrayante ! — Maleine ! Maleine ! As-tu perdu la voix ? MALEINE. Bon... soir !... ANNE. Ah ! tu vis encore ; — as-tu tout ce qu’il te faut ? — Mais je vais ôter mon manteau. Elle dépose son manteau sur un meuble et s’approche du lit. Je vais voir. — Oh ! cet oreiller est bien dur. — Je vais arranger tes cheveux. — Mais pourquoi me regardes-tu ainsi, Maleine ? Maleine ? — Je viens te dorloter un peu. — Où est-ce que tu as mal ? Tu trembles comme si tu allais mourir. — Mais tu fais trembler tout le lit ! ”
Maurice Maeterlinck,
La Princesse Maleine
“ MALEINE. Non, Sire. MARCELLUS. Soit, mais alors, réponds-moi franchement. Il ne faut pas que le vieux roi Hjalmar triomphe. Nous allons avoir une grande guerre à cause de toi. Je sais que les vaisseaux de Hjalmar entourent Ysselmonde et vont mettre à la voile avant la pleine lune ; d’un autre côté, le duc de Bourgogne, qui t’aime depuis longtemps — Se tournant vers la Reine, — je ne sais si ta mère ?... ”
André Léo,
La Commune de Malenpis
(1874)
“ DE MALENPIS 79 — Eh! bonnes gens, s'écriait-il, quoi! vous êtes libres, et vous voulez prendre un maître! Comment pouvezvous être si fous que de vous fier pour vos intérêts à un étranger plus qu'à vous-mêmes ? Il y avait encore dans la commune une autre personne qui parlait comme lui, c'était la mère Bonsens-, la directrice de L'asile des vieillards et des orphelins. Elle qui connaissait son monde et qui était une maîtresse femme, elle haussait les épaules et disait aux gens : — Vrai! c'est pitié de voir le peu de place que tient le sens commun dans la cervelle humaine ! ”
Maurice Maeterlinck,
La Princesse Maleine
“ Voyons, réponds, Maleine ? MALEINE. Non, Sire. MARCELLUS. Alors pourquoi pleurer ? Quant au prince Hjalmar, il vaut mieux l’oublier ; et puis, comment pourrais-tu l’aimer sérieusement ? vous vous êtes à peine entrevus ; et le cœur à ton âge est comme un cœur de cire ; on en fait ce qu’on veut. Le nom de Hjalmar était encore écrit dans les nuages, un orage est venu et tout est effacé, et dès ce soir tu n’y songeras plus. Et puis, crois-tu que tu aurais été bien heureuse à la cour de Hjalmar ? Je ne parle pas du prince, le prince est un enfant ”
Maurice Maeterlinck,
La Princesse Maleine
“ Il sort. — Entre la reine Anne.ANNE. Il me fuit et je crois qu’il a des soupçons. Je ne veux pas attendre plus longtemps. Ce poison traînera jusqu’au jugement dernier ! Je ne puis plus me fier à personne ; et je crois que le roi devient fou. Il faut que je l’aie tout le temps sous les yeux. Il erre autour de la chambre de Maleine, et je crois qu’il voudrait l’avertir. — J’ai pris la clef de cette chambre. Il est temps d’en finir ! — Ah ! voici la nourrice. Elle est toujours chez la petite, il faudra l’éloigner aujourd’hui. ”
Frantz Funck-Brentano,
Revue des Deux Mondes
“ « Il est assez beau de visage, grand, bien fait, fort robuste et agile. À ces qualités il joint un esprit vif et pénétrant, des manières aisées et polies. Il est prompt à venger une offense. Il est d’une hardiesse et d’une intrépidité à toute épreuve, d’un sang-froid et d’une présence d’esprit admirables dans le danger. Patient et laborieux à l’excès, son courage lui fait tout entreprendre, tout supporter, pour satisfaire son ambition. » Mandrin entrait dans la contrebande au moment où celle-ci, par les circonstances que l’on a vues, devait prendre le plus d’extension. ”
Abbé Regley, Histoire de Louis Mandrin, depuis sa naissance jusqu'à sa mort… (1827)
“ Mandrin avait une éloquence naturelle qui persuadait, l'imagination vive, du courage pour former de grandes entreprises, et de l'audace d'ans, le succès. Un crime lui coûtait peu lorsqu'il le jugeait nécessaire à sa vengeance ou à ses projets. Cependant il avait l'art de montrer de la candeur; on eût pris son front pour le siège de la candeur même ; il fallait étudier ses yeux pour démêler cette humeur farouche qu'il cachait avec soin , et qu'il ne déployait que dans ses fureurs. Ses discours roulaient toujours sur la probité, et jamais homme n'en eut moins. ”
Maurice Maeterlinck,
La Princesse Maleine
“ ANNE. Où est son miroir ? À Maleine. Vous ne faites rien, vous ? Apportez son miroir ! — Elle est ici depuis huit jours et elle ne saura jamais rien ! — Est-ce que vous venez de la lune ? — Allons ! arrivez donc ! Où êtes-vous ? MALEINE. Ici, Madame. UGLYANE. Mais ne penchez pas ainsi ce miroir ! — J’y vois tous les saules pleureurs du jardin, ils ont l’air de pleurer sur votre visage. ANNE. Oui, ainsi ! — mais laisse-les s’étaler sur le dos. — Malheureusement il fera trop noir dans le bois... UGLYANE. Il fera noir ? ANNE. Il ne te verra pas, — il y a de gros nuages sur la lune. ”
Maurice Maindron,
La gardienne de l'idole noire
“ Tout s’éclaircit comme à l’heure ardente de midi. Les cavaliers étrangers décrivaient des cercles autour de l’enceinte. Avec leurs javelines longues de douze pieds, ils repoussaient dans la fournaise les gens qui essayaient de se sauver. Les hurlements des femmes se confondaient avec les beuglements des bêtes. Nicolas vit tomber la mère Claude, dont les cheveux et les jupes flambaient. La fermière s’abattit, clouée contre le pied-droit de la porte charretière par le fer d’un Croate. Le père Piédalue traversait la cour en trébuchant, un jet de sang coulait de son front. ”
Jacques Arago,
Oeuvres illustrées de Jacques Arago
(1856)
“ Le mandril est trop stupide pour trouver de sûres protections contre les armes des Malais et des explorateurs européens; sa démarche lourde et embarrassée le rend aisément victime des chasseurs qui l'attaquent à coups de fusils, de pierres et de bâtons, et le prennent souvent dans des filets tendus sur son passage. Le mandril n'a d'adresse qu'à l'heure de sa mort, et sa dernière pensée (donnez-moi une autre expression) est une vengeance. ”
Maurice Maindron,
La gardienne de l'idole noire
“ Mais nous fournirons une proie digne de lui à ce démon du carnage. Quand il pensera la saisir, que ton acier tranchant, plus prompt que le tchokra de la foudre, sépare la main du bras ! Garde donc ton épée prête, vérifie son fil, et, s’il en est besoin, aiguise-la contre cette meule de granit qui conserva son poli... Mangamalle — ainsi se nommait la princesse, l’ai-je déjà dit ? je ne sais — nous attendra sous ce portique. Elle nous rejoindra si la victoire t’est fidèle. Viens !Tenant à longueur de bâton le bras d’Outanka, Souriadévi s’approcha furtivement du porche, tirant sur la droite. ”
Abbé Regley, Histoire de Louis Mandrin, depuis sa naissance jusqu'à sa mort… (1827)
“ Les troupes que la cour avait envoyées pour réprimer ces désordres , arrivèrent enfin aux environs d'Autun. Mandrin était alors dans la paroisse de Brion ; il s'arrêta auprès du village de Grenade , et s'y retrancha. Monsieur de Fitcher , qui commandait les troupes légères s'avança pour les forcer ; il trouva les retranchemens très-profonds, et plus réguliers qu'il n'avait cru devoir l'attendre d'un homme qui n'avait aucune connaissance des règles de l'art. Mandria agissait sans principes , et ne s'en écartait pas , ce qui peut prouver qu'il a été à l'école de la nature. ”
Abbé Regley, Histoire de Louis Mandrin, depuis sa naissance jusqu'à sa mort… (1827)
“ Mandrin continua son commerce. Qui croira que le coeur de ce barbare, qui massacrait avec inhumanité et par ingratitude , osait se montrer sensible à l'amour? Ce sentiment qui commande aux passions ou qui les éteint, semble ne jeter que de la douceur dans l'ame. Si les amans se portent aux extrêmes , c'est dans la vue de posséder l'objet qui fait leur félicité , et ils agissent: par aveuglement ou par désespoir , mais ils ne sont cruels ni sanguinaires. ”
Abbé Regley, Histoire de Louis Mandrin, depuis sa naissance jusqu'à sa mort… (1827)
“ Après cette cérémonie, Mandrin se plaça sur son troue une' seconde fois , puis montrant à ses compagnons les terres de France et de Savoie, il leur dit : chers amis, promenez vos regards sur ces riches contrées, voilà le théâtre de nos expéditions militaires ! cette terre a des richesses que cette autre n'admet pas, transportons-les d'un royaume dans l'autre, je vous en donne les droits, et j'abandonne ceux qui m'ont fait frapper la monnaie des souverains. ”
Charles Jarrin, Mandrin : les aides, les contrebandiers au XVIIIe siècle… (1875)
“ « Après le dîner il (Mandrin) s'est transporté aux prisons avec un détachement et s'étoit fait ouvrir les portes. Il s'est fait présenter les registres de la geole et a fait sortir les prisonniers pour dettes ou contrebande, au nombre de dix qu'il a emmenés avec lui, déclarant ne vouloir en sa troupe ni voleurs ni malfaiteurs. » Que penser de ceci? Et qu'y a-t-il derrière cette libération des débiteurs? On ne va pas faire de Mandrin un socialiste. Le fils du maréchal de St-Etienne-de-Geoire, sachant peu d'histoire romaine, n'avait pas de rancune non plus contre les lois des Douze Tables. ”
Jules de La Madelène, Revue des Deux Mondes
“ Il ne manquerait plus qu’il emportât son fumier ! On accourut aux cris de la vieille. Espérit la menaçait le bâton levé ; la foule des passans s’entassa dans l’écurie, les badauds s’attroupèrent ; ceux de Montalric prirent parti pour la femme, ceux du dehors pour Espérit. Sans trop savoir de quoi il s’agissait, on s’injuria des deux côtés, et on allait en venir aux mains. Heureusement le logeur d’ânes était un brave homme, il mit fin à ces querelles en rossant sa femme. Pendant ce tumulte, la Cadette s’échappa, et le terrailler se mit à sa recherche. ”
Frantz Funck-Brentano,
Revue des Deux Mondes
“ Et Fischer lui-même dut proclamer « que Mandrin s’était battu en brave homme et entendait très bien le métier militaire. » Se retirant devant des troupes nombreuses, qui le poursuivaient et auxquelles arrivaient d’heure en heure de nouveaux renforts, Mandrin fit dix-sept lieues dans la journée qui suivit le combat de Gueunand, mettant derrière lui l’Arroux, la Loire et la Bèbre. Dans cette course folle, il emportait ses compagnons blessés, chargés comme des ballots sur des chevaux de bât. On aurait pu le suivre à la trace, « le chemin par lequel il s’est retiré étant marqué de sang. » ”
