“ Guerchard. — Mes hommes sont là... Je suis armé. Le Duc. — Enfant ! Mais souviens-toi, souviens-toi que c’est toujours quand tu avais tout prévu, tout combiné, tout machiné, souviens-toi que c’est alors que l’accident jetait bas tout ton échafaudage. Rappelle-toi, c’est toujours au moment où tu vas triompher qu’il te bat et il ne te laisse atteindre le sommet de l’échelle que pour mieux te flanquer par terre. Guerchard. — Mais avoue-le donc, tu es Lupin. Le Duc. — Je croyais que tu en étais sûr... Guerchard, tirant ses menottes. — Ah ! je ne sais pas ce qui me retient, mon petit. ”
Résumé
“Arsène Lupin”, est une œuvre de Maurice Leblanc. Des thèmes tels que Guerchard, Lupin ou diadème y sont abordés.
Citations de Arsène Lupin (Maurice Leblanc)
“ Guerchard. — Nous le verrons ce soir. Le Duc. — Ce soir ? Guerchard. — Oui, puisqu’il viendra prendre le diadème entre minuit moins un quart et minuit. Le Duc. — Non ?... Vous croyez vraiment qu’il aura le culot ?... Guerchard. — Vous ne connaissez pas cet homme-là, monsieur le duc, ce mélange extraordinaire d’audace et de sang-froid. C’est le danger qui l’attire. Il se jette au feu et il ne se brûle pas. Depuis dix ans, je me dis : « Ça y est ! cette fois... je le tiens !... Enfin, je vais le pincer... » Je me dis ça tous les jours... Le Duc. — Eh bien ? ”
“ Lupin. — Est-ce que j’y pense encore. Vous êtes là... Guerchard est dans l’ascenseur... Je ne désire plus rien... Toi là, j’ai l’âme d’un amoureux, et c’est encore l’âme d’un voleur, j’ai envie de voler tes baisers, tes pensées, de voler tout ton cœur. Ah ! Sonia, si tu ne veux pas que je vole autre chose, il n’y a qu’à plus me quitter... Sonia. — Tu ne voleras plus... (Ils s’embrassent.) Du bruit ! Lupin, se précipite vers la cage de l’ascenseur. — Non. Ce n’est rien. C’est Guerchard qui tape du pied. Sonia. — Comment ? Lupin. — Je t’expliquerai... c’est rigolo. ”
“ Guerchard. — Mais oui, les gredins n’ont jamais beaucoup de vertu. Le Duc. — On ne peut pas tout avoir. Guerchard. — Leurs embûches, leurs attaques, leur belle tactique, tout cela c’est bien court. Le Duc. — Vous allez un peu loin. Guerchard. — Mais non, monsieur le duc, croyez-moi, il est très surfait, ce fameux Lupin. Le Duc. — Pourtant... il a fait des choses qui ne sont pas trop mal. Guerchard. — Oh ! Le Duc. — Si... Il faut être juste... Ainsi, le cambriolage de cette nuit, ce n’est pas inouï, mais, enfin, ce n’est pas mal. Ce n’est pas si bête, l’escroquerie des automobiles. ”
“ Lupin. — Je t’assure... Moi, j’ai tâté de tout. J’ai fait ma médecine, mon droit, j’ai été acteur, professeur du jiu-jitsu. J’ai fait, comme Guerchard, partie de la Sûreté. Ah ! quel sale monde !... Puis, je me suis lancé dans la société. J’ai été duc. Eh bien, pas un métier ne vaut celui-là, même pas celui de duc : Que d’imprévu, Victoire... Comme c’est varié, terrible, passionnant ! Et puis, comme c’est rigolo ! Victoire. — Rigolo ! Lupin. — Ah ! oui !... les richards, les bouffis, tu sais, dans leur luxe, quand on les allège d’un billet de banque, la gueule qu’ils font !... ”
“ Et le diadème ! Dans l’affolement déjà préparé à Charmerace, puis à Paris, dans l’affolement de Guerchard, le diadème, je n’ai eu qu’à le cueillir. Et la joie, la joie ineffable de faire enrager la police ! et l’œil bouilli que fait Guerchard quand je le roule !... Et enfin contemple... (Il montre l’appartement.) Duc de Charmerace, ça mène à tout, ce métier-là !... ça mène à tout à condition de n’en pas sortir... Ah ! vois-tu, quand on ne peut pas être un grand artiste ou un grand guerrier, il n’y a plus qu’à être un grand voleur. ”
“ Sort l’agent. Guerchard, resté seul, allume une cigarette, va vers le coffre, puis ramasse un bouton qu’il examine, tout en restant accroupi. Il se dirige jusqu’à la cheminée, jette un regard sous le paravent, se relève en souriant, comme s’il comprenait, va vers le livre, le soulève, voit des traces de plâtre, calcule la distance vers la fenêtre à l’aide de pas égaux, examine les traces de plâtre qui sont sur la fenêtre, pareilles à celles qui sont sous le livre, aperçoit la maison en construction, enjambe et disparait aux premiers mots du juge qui revient. ”
“ « À quoi rêvent les jeunes filles ? à Arsène Lupin ; plus d’une, éveillée, la nuit, par quelque grincement de « rossignol » dans la serrure (ah ! non, ce n’est pas l’alouette !) ne sait si elle redoute ou espère que son rêve s’achève en la réalité d’un jeune voleur, duc à ses moments perdus, qui, tout en rompant et en vidant les tiroirs, ne néglige pas de cambrioler la pudeur des alcôves. Les vieilles dames aussi, et les hommes affairés, et les belles des thés de cinq heures, tous, toutes, songent à Arsène Lupin avec une sorte d’affection rieuse, d’admiration tendrement effrayée. ”
“ M. Guerchard est un bon collaborateur... un peu énervant, un peu fantaisiste, un peu visionnaire, bref, un toqué. Mais quoi, c’est Guerchard... Seulement, comme Lupin est sa bête noire, il trouvera encore moyen de nous embêter avec cet animal-là. Vous allez voir encore mêler Lupin à tout cela. Le Duc. — Dame ! (Regardant les signatures.) On l’y mêlerait à moins. Le Commissaire. — Monsieur le juge, croyez-moi. C’est surtout en matière criminelle qu’il faut se défier des apparences... Oh ! non, je vous en prie, ne touchez à rien. Le Duc, qui s’est baissé. — Oh ! ce n’est qu’un livre. ”
“ Le Duc. — Comment ? Sonia. — C’était un faux Guerchard. C’était Lupin. Le Duc. — Alors, ça, vraiment, ce n’est pas mal. Quand il a appris cette histoire, qu’a fait le vrai Guerchard ? Sonia. — Il en a fait une maladie. Germaine. — Et c’est depuis ce temps-là qu’il a voué à Lupin une haine mortelle. Le Duc. — Et l’on n’a jamais pu remettre la main sur le faux Guerchard ? Germaine. — Jamais. Pas l’ombre d’une trace. Nous n’avons de lui qu’une lettre et cet autographe... Elle désigne la signature de Lupin derrière la tapisserie écartée. Le Duc. — Fichtre ! C’est un habile homme. ”
“ Ce qui nous frappe en eux, c’est la merveilleuse ingéniosité qu’ils déploient pour arriver à leurs fins, qui ne sont autres que de s’approprier le bien d’autrui, mais sur lesquelles les moyens qu’ils inventent pour y parvenir nous font passer jusqu’à un certain point. Cela est si vrai que nous arrivons presque à ne plus nous apercevoir que le vol est en lui-même un acte répréhensible et que nous en venons presque à oublier que le voleur est un voleur pour ne voir en lui qu’une sorte de prestidigitateur et d’acrobate et un virtuose, dévoyé certes, mais bien séduisant de l’ingéniosité humaine. ”
“ Ah ! maintenant... bien que j’aie cinq bonnes minutes... célérité ! (Il se précipite vers la porte de l’antichambre et regarde par la serrure.) Un agent et Victoire... Pauvre Victoire !... (Il pousse le verrou, puis il va à droite et entend du bruit.) Hein !... des agents !... il en pousse donc ! Il reprend la bombe et élève le bras. Parait Sonia. Sonia. — Ah ! mon Dieu !... Monsieur Guerchard ! Lupin, vivement. — Non, c’est moi. Sonia. — Vous ! oh ! Lupin. — Regardez comme je lui ressemble ! Hein ? Suis-je assez moche ? Sonia. — Oh ! Lupin. — Cette fois, le duc de Charmerace est mort. ”
“ Assailli de pensées, il regarde la photo, l’éloigne, la rapproche, regarde de côté, vers le duc, sans toutefois fixer ses yeux sur lui. Le duc est toujours près de la cheminée, il se dresse sur la pointe des pieds pour voir la photo. Se sentant découvert il cherche un instant des yeux, avec une certaine anxiété par où il pourrait s’enfuir, le cas échéant. Guerchard se rapproche et le regarde en se frottant les mains. ”
“ Guerchard. — Eh bien ? Lupin, violemment. — Eh bien, non ! Guerchard. — Ah ! Lupin. — Non. Tu veux m’avoir... tu me la fais... tu te fiches de Sonia, au fond... Tu ne l’arrêteras pas... Et puis même... tu l’arrêtes... soit ! j’admets... C’est pas tout d’arrêter, il faut prouver. As-tu des preuves ? Oui, je sais, le pendentif, eh bien, prouve-le. Non, Guerchard, après dix ans que j’échappe à tes griffes, me faire piger pour sauver cette petite qui n’est même pas en danger. Je refuse. Guerchard. — Soit. (On sonne.) Encore... On sonne beaucoup chez toi ce matin. (À Boursin qui entre.) ”
“ C’est pas parce qu’on a du savon, de la craie de savon, qu’on est une voleuse. Guerchard. — C’est entendu ! Boursin, dès que la voiture cellulaire sera là, embarque-moi ça au dépôt. Victoire. — Jésus-Marie ! Jésus-Marie ! Elle sort. Guerchard. — Et d’une ! Scène III LE DUC, GUERCHARD. BOURSIN, BONAVENT Le Duc. — Victoire !... Je n’en reviens pas. Alors, cette craie... C’était la même que sur ces murs ?... Guerchard. — Oui, de la craie bleue. Voyez-vous, monsieur le duc, ça et la fleur de salvia. (Boursin qui revient.) Qu’est-ce que c’est ? Boursin. — C’est Bonavent qui a du nouveau. ”
“ Guerchard. — Oui, il n’y avait personne. Le Duc. — Personne. Guerchard. — C’est fâcheux. Le Duc. — Très fâcheux. J’ai dû réparer l’accident moi-même. C’est ce que vous vouliez dire, n’est-ce pas ? Guerchard. — Certainement. Le Duc. — Une cigarette ? Ah ! non, je sais que vous ne fumez que du caporal. Guerchard. — Si, si, tout de même. (Il prend une cigarette et la regarde.) C’est égal, tout ça est bien curieux. Le Duc. — Quoi ? Guerchard. — Tout : vos cigarettes... ces fleurs de salvia... la petite photo qu’on m’a remise... cet homme en tenue de chauffeur et... enfin, votre panne. ”
“ Sonia. — Impossible, mademoiselle, il faut qu’il fasse tout le tour du parc. Il n’y a pas de route directe... La rivière est là. Germaine. — Pourtant, il vient en droite ligne. Sonia, inquiète. — Non, non, ce n’est pas possible. Germaine. — Il traverse la pelouse. Tenez, il va sauter... Regardez-le, Sonia. Sonia. — Mais c’est affreux. (Se cachant les yeux.) Ah ! Germaine, criant. — Bravo, ça y est ! Il a sauté ! Bravo, Jacques ! C’est un cheval de sept mille francs ! Vite, une tasse de thé... Il était admirable en sautant. Ah ! un duc !... voyez-vous ! ”
“ Fermez bien les portes, n’est-ce pas ? et serrez-le dans l’armoire secrète... Oui, merci, ma bonne Victoire, à demain. (À Jeanne et Marie.) C’est inouï, les relations de papa me font des cadeaux merveilleux et tous les gens chics m’envoient des coupe-papier. Il est vrai que Jacques est au-dessous de tout. C’est à peine si, dans le faubourg, on sait que nous sommes fiancés. Jeanne. — Il ne fait aucune réclame ? Germaine. — Vous plaisantez, mais c’est que c’est vrai. Sa cousine, Mme de Relzières, me le disait encore l’autre jour au thé qu’elle a donné en mon honneur, n’est-ce pas, Sonia ? ”
“ Lupin. — Oui. Si je ne téléphone pas, Sonia va venir, elle s’enferrerait dans Guerchard. Victoire. — Sonia, mais... Lupin, s’exaspérant. — On ne répond pas. Allô... elles sont sourdes. Victoire, effarée. — Passons chez elle, mais fuyons d’ici... Lupin, avec une agitation croissante. — Chez elle... est-ce que je connais son adresse ! Ah ! j’ai perdu la tête hier soir... Allô !... C’est un petit hôtel près de l’Étoile... mais il y a vingt hôtels près de l’Étoile !... Allô... (Hors de lui.) Ah ! ce téléphone... On lutte, on se bat contre un meuble... Allô... ”
“ Le Duc. — Dans cinquante secondes le diadème sera volé. Guerchard. — Non. Le Duc. — Si ! Guerchard. — Non, non, non. (La pendule se met à sonner ; ils se mesurent du regard. Deux fois, le duc esquisse un mouvement. Guerchard, à chaque fois, se précipite. Au deuxième coup, ils s’élancent tous deux. Le duc prend son chapeau qui est à côté du diadème et Guerchard saisit le diadème.) Ah ! je l’ai... Enfin... Ai-je gagné ? Suis-je roulé cette fois-ci ? Lupin a-t-il pris le diadème ? Le Duc, gaiement, mettant son paletot. — J’aurais bien cru... Mais es-tu bien sûr ? ”
“ Si quelqu’un se sent la moindre envie de devenir voleur, afin de s’enrichir, il n’a qu’à aller à l’Athénée, il observera les faits et gestes d’Arsène Lupin. Il se rendra compte tout de suite que la profession de voleur, pour être rémunératrice, exige des facultés auxquelles les commun des mortels ne peut prétendre. Le sentiment de son infériorité le condamnera à l’honnêteté, et, plutôt que de se faire voleur, il se fera notaire ou banquier. ”
“ Le Juge, sévèrement, au commissaire. — Vous n’aviez donc pas fouillé la cheminée, monsieur le commissaire ? Le Commissaire. — Mais non ! Le Juge. — C’est une faute, monsieur le commissaire, une faute impardonnable... Allons, vite, qu’on l’emporte... Mais, sapristi, vous avouerez qu’il était matériellement impossible... L’agent et le commissaire emportent Victoire. Guerchard. — À quatre pattes, c’est possible. Quand on est à quatre pattes on voit deux talons qui dépassent. Alors, n’est-ce pas ?... Le Juge, à Guerchard. — Ça bouleverse tout. ”
“ Le Juge. — Non, pardon. (À Irma.) Mademoiselle, approchez... ne vous troublez pas... Avez-vous emporté le pendentif pour votre maîtresse ? Irma. — Moi... non, monsieur. Le Juge. — Vous en êtes sûre ? Irma. — Dame !... oui ! monsieur. D’ailleurs, est-ce que mademoiselle ne l’avait pas laissé sur le chiffonnier ? Le Juge. — Comment savez-vous ça ? Irma. — Parce que mademoiselle, en partant, a crié à monsieur le duc d’emporter l’écrin. Même que j’ai fait la réflexion que c’était peut-être Mlle Kritchnoff qui aurait pu le mettre dans son sac. Le Duc, vivement. — Mlle Kritchnoff !... ”
“ Tenez, il y a sept ans, s’il est parti pour faire une expédition au pôle sud, c’était uniquement par snobisme... Enfin, quoi, un vrai duc ! Jeanne. — Et aujourd’hui ? Germaine. — Ah ! aujourd’hui, il est pédant, le monde l’agace, et il a un air grave. Sonia. — Il est gai comme un pinson. Germaine. — Il est gai quand il se moque des gens, mais à part ça, il est grave. Jeanne. — Votre père doit être ravi de ce changement ? Germaine. — Oh ! naturellement ! Papa s’appellera toujours M. Gournay-Martin. ”
“ Guerchard. — Elle moins que tout autre. Le Juge. — Comprends pas. L’Agent, entrant vivement. — Monsieur le juge ? Le Juge, se retournant. — Quoi ? L’Agent. — Dans le jardin... on a trouvé ce lambeau d’étoffe au bord du puits. Les concierges ont reconnu que c’était un morceau d’une robe à Victoire. Le Juge. — Sacrebleu ! Il prend le morceau d’étoffe. Gournay-Martin. — Voilà l’explication !... Un assassinat... Le Juge, vivement. — Il faut y aller... c’est possible après tout. D’autant plus qu’à propos du jardin il y a des traces de plâtre là sous ce livre. Je les ai découvertes. ”
“ Le Duc, lisant. — Arsène Lupin. Sonia. — Il a laissé sa signature... il paraît que c’est ce qu’il fait toujours... Le Duc. — Ah ! Qui ça ? Germaine. — Mais, Arsène Lupin ! Je pense que vous savez qui est Arsène Lupin ? Le Duc. — Ma foi non. Germaine. — On n’est pas pôle sud à ce point-là ! Vous ne savez pas qui est Lupin ? le plus fantaisiste, le plus audacieux, le plus génial des filous. Sonia. — Depuis dix ans, il met la police aux abois. C’est le seul bandit qui ait pu dépister notre grand policier Guerchard. Germaine. — Enfin, quoi ! notre voleur national. ”
“ Le Duc. — Alors, vous allez l’arrêter ? Guerchard. — Certes... Il va pour sonner. Le Duc. — Monsieur Guerchard, elle est maintenant avec ma fiancée... Attendez au moins qu’elle soit rentrée dans sa chambre... Épargnez à l’une une émotion affreuse et à l’autre cette humiliation. Guerchard. — Il le faut ! (Il sonne. À Boursin qui entre.) J’ai le mandat d’arrêt contre Mlle Kritchnoff... Le planton est toujours en bas, devant la porte ? Boursin. — Oui. Guerchard, appuyant sur les mots. — Dis-lui bien qu’on ne peut sortir que sur un visa de moi et sur ma carte. ”
“ Vous êtes la négligence en personne. Le Duc. — Germaine... voyons, pour une petite distraction. Germaine. — Ah ! mon cher, je vous en prie... vous avez la fâcheuse habitude de vous mêler des affaires de maison... l’autre jour encore !... Je ne peux plus faire une observation à un domestique... Le Duc, protestant. — Germaine ! Germaine, désignant à Sonia un paquet d’enveloppes et de lettres que Bernard Charolais a fait tomber de la table en s’en allant. — Vous ramasserez les enveloppes et les bouquins, et vous porterez le tout dans ma chambre... (Avec impatience.) Eh bien ? ”
“ Vous vous installerez dans l’aile gauche du château. Jean. — Oui, M. Gournay-Martin m’a expliqué. Il y a donc du danger pour cette nuit ? Le Duc. — Oh ! Je ne crois pas. M. Gournay-Martin était un peu affolé... mais enfin, à tout hasard, il vaut mieux être armé. Jean. — J’ai là mon revolver, monsieur le duc. Le Duc. — Parfait. Vous pouvez allumer les phares. J’arrive tout de suite. (Jean sort.) Voyons, j’ai tout ?... Eh bien, Firmin, je vous laisse... Vous avez votre gourde, votre fusil et votre picotin. Vous êtes un vieux militaire. Vous n’avez pas peur, hein ? Firmin. — Non, pas encore. ”
“ Sonia. — Bien. Mais quand Guerchard saura... Si jamais Guerchard découvre... Le Duc. — Partez, Sonia. Partez, partez !... Sonia, revenant au duc. — Ah ! comme vous êtes bon ! Il la pousse vers la porte et, sur le seuil de la porte, ils se regardent, hésitent... Il l’attire dans ses bras, elle s’y laisse tomber ; ils s’embrassent. On entend la voix de Guerchard, le duc se dégage. Le Duc. — Pars maintenant. Je t’adore. Pars, pars ! Elle sort. Scène IV GUERCHARD, LE DUC, BOURSIN, GERMAINE, GOURNAY-MARTIN Resté seul, le duc retourne en courant vers la cheminée et saisit la lanterne. ”
“ Je sais tout ce que l’on peut dire : que c’est du cinéma, du Guignol exaspéré ou du Sherlock en délire ; qu’il est arbitraire de créer un type qui se joue ainsi de tout le monde et qu’il est dangereux de présenter le métier de voleur comme une carrière à la mode et celui de policier comme un art ridicule. ”
“ Germaine. — Presque n’est pas tout à fait. (Regardant la pendule.) Cinq heures moins cinq. Jacques en retard ! Ce sera la première fois. Sonia, tout en écrivant. — Le duc a peut-être poussé jusqu’au château de Relzières pour voir son cousin, bien qu’au fond je ne croie pas que le duc aime beaucoup M. de Relzières. Ils ont l’air de se détester. Germaine. — Ah ! Vous l’avez remarqué ? Maintenant, du côté de Jacques... il est si indifférent ! Pourtant il y a trois jours, quand nous avons été voir les Relzières, j’ai surpris Paul et le duc qui se querellaient. ”
“ Le Duc. — C’est passionnant ! Ces indices... ces pistes qui se croisent... Chaque fait qui peu à peu reprend sa place normale... Passionnant !... Une cigarette ? Guerchard. — C’est du caporal ? Le Duc. — Non, du tabac jaune, du Mercédès. Guerchard. — Merci. Le Duc, allumant une cigarette. — Oui, passionnant. Alors, les voleurs venaient de Charmerace... Ce sont les Charolais... Ils sont partis de l’hôtel voisin et c’est par là qu’ils sont entrés. Guerchard. — Ah ! non... Le Duc. — Non ? Guerchard. — Non, ils sont entrés par la porte de l’hôtel où nous sommes. ”
“ Le Duc. — C’est important comme tout ce qui est puéril. Tenez, admirez. Germaine. — Affreux ! Nous faisons des grimaces épouvantables. Le Duc. — Vous faites des grimaces, mais elles ne sont pas épouvantables. Mademoiselle Sonia, je vous fais juge... Les figures, je ne dis pas... mais les silhouettes... Regardez le mouvement de votre écharpe ?... Germaine, gravement. — Mon cher... Le Duc. — C’est vrai... La chose importante... Germaine. — Victoire a téléphoné de Paris. Le Duc. — Ah ! ah ! Germaine. — Nous avons reçu un encrier Louis XVI et un coupe-papier. Le Duc. — Bravo. ”
Termes fréquents
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