Résumé

Portrait de Henrik Ibsen Henrik Ibsen Une maison de poupée

Nora, le regardant dans les yeux. Moi !
Helmer, la menaçant du doigt. Oui, toi. Regarde-moi bien dans les yeux... La gourmande n’a-t-elle pas fait quelque escapade en ville aujourd’hui.
Nora. Non, pourquoi dis-tu cela ?
Helmer. Vrai, tu n’as pas fourré ton nez de gourmande à la confiserie.
Nora. Non, je t’assure, Torvald.
Helmer. Tu n’as même pas mouillé tes lèvres dans un pot de confitures ?
Nora. Non, absolument pas.
Helmer. Tu n’as pas grignoté une ou deux pralines ?
Nora. Non, non, Torvald, je te dis que non.
Helmer. Bien ! bien, c’est pure plaisanterie.
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Non, non, Torvald.
Helmer. Deux cartes de visite de Rank.
Nora. Du docteur ?
Helmer. Rank, docteur en médecine. Elles sont par-dessus les lettres ; il les a jetées dans la boîte en sortant.
Nora. Y a-t-il quelque chose d’écrit ?
Helmer, qui les regarde. Il y a une grande croix au-dessus du nom, vois ? Quelle vilaine plaisanterie ! On dirait qu’il fait part de sa propre mort.
Nora. C’est ce qu’il fait en réalité !
Helmer. Quoi !... Que sais-tu ? T’a-t-il dit quelque chose ?
Nora. Oui, les cartes signifient qu’il a à jamais pris congé de nous. Il veut s’enfermer pour mourir.
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Helmer. Parle vite.
Nora. L’alouette gazouillerait sur tous les tons.
Helmer. L’alouette ne fait pas autre chose.
Nora. Je danserais pour t’amuser comme les sylphides au clair de la lune.
Helmer. Nora, est-ce que ce ne serait pas ce dont tu m’as parlé ce matin ?
Nora, s’approchant. Oui, Torvald... fais-moi ce plaisir.
Helmer. Et tu as le courage de m’en reparler ?
Nora. Oui, oui, il faut que tu consentes, il faut que Krogstad conserve son poste à la banque.
Helmer. Ma chère Nora, j’ai destiné ce poste à madame Linde.
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