Pierre Drieu La Rochelle,
Le Feu follet
(1931)
“ Alain marchait sans rien regarder, comme il avait toujours fait. L’avenue était pourtant belle, comme un large fleuve luisant qui coulait dans une paix majestueuse, d’entre les pattes du dieu-éléphant. Mais il avait les yeux fixés sur le petit monde qu’il avait à jamais quitté. Sa pensée errait de Dubourg à Urcel, de Praline à Solange et plus loin, jusqu’à Dorothy, Lydia. Pour lui, le monde c’était une poignée d’humains. Il n’avait jamais eu l’idée qu’il y eût autre chose. Il ne se sentait pas emmêlé à quelque chose de plus vaste que lui, le monde. ”
