Jean-Pierre Thomacini

Thriller (1985)

Résumé

Jean-Pierre Thomacini,  Thriller (1985)

“ La peur était pour eux. La peur, l'horrible peur. Ils s'étaient plantés. Ils me voyaient mort, eux, tentant vainement d'expliquer à leur chef l'histoire de notaire, de la torture. Un cadavre est toujours embarrassant. On croit toujours possible de se débarrasser des gens sans importance, mais on s'aperçoit vite que quelqu'un le connaissait, fût-il le dernier des clochards orphelins. La place d'un homme est immense, même si seule sa disparition nous le rend évident, même si jamais quiconque ne l'a aimé, ne lui a parlé, ne l'a aidé. On peut tuer impunément, jamais dans le secret. ”
Source : Gallica

Jean-Pierre Thomacini,  Thriller (1985)

“ J'aspirais l'air en hoquets et l'air me brûlait la gorge et les narines. Ce feu, c'était la vie. Tant que je souffrirai, je serai vivant. Je vomis dans le lavabo. Ils recommencèrent, deux ou trois fois, me maintenant la tête dans la matière immonde. Le dégoût m'agitait de spasmes. C'était hallucinant, irréel. Les vomissures me brûlaient les yeux, la bouche. J'avalais de ce mélange qui me donnait d'autres nausées, plus fortes, incontrôlables, dans lesquelles je rejetais du sang, des crachats, de la bile. J'avais peur. Jamais plus rien ne me purifierait. ”
Source : Gallica

Jean-Pierre Thomacini,  Thriller (1985)

“ Il avait dit non sans passion, sans haine, sans amour, sans un regard pour elle, sans un geste d'excuse. Judith était frappée de stupeur, abasourdie, incapable de bouger. La terre s'était ouverte, l'avait engloutie dans son sein. Elle venait de mourir. Nous sommes rentrées à la maison. Quand j'ai voulu dire quelque chose, elle m'a dit « merci, maman, je veux être seule ». J'avais honte, honte de cette entrevue, de moi. J'aurais dû la laisser, me taire, ça lui aurait passé ; il est difficile de comprendre qu'on commet l'irréparable lorsque nos actes nous semblent bons. ”
Source : Gallica

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