Liane de Pougy,
Les Sensations de Mlle de La Bringue
“ LES COULISSES Je passai dans ma salle de bain où une longue ablution froide raffermit et réveilla mes chairs endolories, puis, je me jetai dans ma piscine tiède. Ma salle de bain était mon luxe. Elle n’était certes pas — j’avais seize ans, et j’étais seule à Paris — d’une richesse extraordinaire, mais je l’avais aménagée gentiment. Le long des murs couraient des céramiques où s’ébattaient, dans des marais hirsutes d’herbes sauvages, de longs et mélancoliques flamants roses, au bec lourd, aux pattes légères, au cou élégant et gracieux, sous un ciel d’une sérénité magnifique. ”
