M. de Molins

Résumé

M. de Molins Le Tour du monde

Rien de plus merveilleux que l’instinct du cheval des montagnes de Java ! Dans des pentes qu’un chien aurait de la peine à descendre, il s’assied sur ses jambes de derrière, s’en sert comme d’un frein, et marche seulement des pieds de devant. Attentif, la tête rassemblée, l’œil et l’oreille constamment tendus, il sonde du pied le terrain, il évite avec une incroyable adresse les racines glissantes, les plantes rampantes, les plaques d’argile et semble connaître les endroits où il passe comme s’ils étaient son trajet journalier.
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M. de Molins Le Tour du monde

Aussi lorsqu’il conçoit la pensée d’un crime, a-t-il besoin, pour s’exciter à le commettre, de recourir à l’ivresse ; il choisit la plus terrible, celle de l’opium, et une fois sous l’empire de ce funeste poison, il court se précipiter, le kriss à la main, sur la victime qui a excité sa haine et l’égorge sans pitié. Mais, jamais assouvi par ce premier meurtre, il se met alors à courir au hasard, tuant ou blessant tous ceux qu’il rencontre. On a vu des Indiens, ivres d’opium, assassiner jusqu’à quinze et dix-sept personnes.
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M. de Molins Le Tour du monde

Dans la rue, va et vient une foule bizarre, mélangée de Chinois, de Malais, d’habitants de Madura, mais où domine l’élément javanais. Le sarhong aux longs plis, la veste très-collante, et, sur la tête, une sorte d’abat jour, recouvert de drap bleu passementé d’or et d’argent et doublé de rouge, tel est le type du costume de ces derniers. Tout au rebours de ce que j’ai vu à Batavia, les étoffes des costumes sont ici très-peu voyantes ; le bleu foncé, le ronge brun, le noir dominent.
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