Résumé

M. Perrottet Revue des Deux Mondes

Les dames de Batavia déploient dans leur toilette un luxe prodigieux, et malgré tout cet éclat, elles sont loin d’effacer les Européennes, dont elles ne peuvent égaler l’élégante simplicité ; elles le sentent si bien, que ces dernières sont pour elles un objet d’exécration, et il n’est que trop commun de voir les funestes effets de leur haine.
La nature, active dans ces climats, a doué leurs habitans des passions les plus violentes ; la jalousie surtout est chez eux un foyer toujours ardent qui laisse souvent échapper des flammes dévorantes que rien ne peut réprimer.
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M. Perrottet Revue des Deux Mondes

L’opium agit si fortement sur leurs nerfs, qu’ils deviennent à l’instant frénétiques, et courent çà et là dans le plus grand désordre, les cheveux épars, un cris à la main, et quelquefois la tête couverte : si l’on cherche à les saisir, ils immolent l’imprudent qui a osé les approcher ; c’est ce que les Malais appellent faire amok, et lorsqu’un pareil accident arrive à Java, chacun s’arme et court sur le malheureux qui est atteint de cet accès de frénésie, comme nos paysans en France poursuivent un loup ou un chien enragé, et le pauvre Malais périt presque toujours.
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M. Perrottet Revue des Deux Mondes

La vengeance la plus horrible est toujours celle qu’elles préfèrent : habiles à préparer les poisons que la nature a si généreusement dispensés dans ces contrées, elles le font avaler, par doses calculées, aux victimes que leur cœur outragé a désignées. Beaucoup de personnes meurent à Batavia d’une maladie de foie, attribuée au climat, et qu’il serait peut-être plus naturel de regarder comme le résultat des breuvages apprêtés par ces mégères.
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