Marius Grout

Résumé

Marius Grout Passage de l’homme

« Voilà, Geneviève ! » et il essaya de sourire, mais je revins à ma question : « Dieu est-il mort ? » Il me semblait que l’Homme, là-dessus, avait encore des choses à dire.
« Geneviève, dit-il, je n’en sais rien. Tout ce que je sais, c’est qu’il faut vivre, c’est qu’il nous faut brûler nos dieux, tous les faux dieux, ceux qui nous ont été enseignés, ceux qui sont venus de nos rêves, du regard de nous-mêmes sur nous, de nos complaisances et de nos peurs. Il m’a fallu m’en aller vers les Iles pour savoir qu’il n’y a pas d’Iles ».
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Marius Grout Passage de l’homme

L’Homme s’avança, et, regardant le cercueil, ou fermant les yeux quelquefois, il se mit à parler doucement. Il dit que Celui des Hauts pouvait partir en paix, qu’on l’avait bien aimé ici, qu’il n’était pas un mauvais homme, qu’en tous cas nous ne valions pas mieux que lui, et que ce n’était pas à nous à être durs. Dieu, sans doute, aurait pitié de lui. Et l’Homme parlait à Celui des Hauts, comme si Celui des Hauts avait pu l’entendre. Il lui rappelait nos bonnes soirées, la veillée de Noël, et tel baptême ou tel mariage, où Celui des Hauts avait chanté.
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Marius Grout Passage de l’homme

La Mère parla : « Vous pensez bien que Claire préférerait... » Mais Claire l’interrompit soudain : « Mère, je n’ai rien à préférer, c’est à l’Homme à dire ce qu’il faut. » La Mère se tut. Dans le silence qui se fit alors, je compris que tout était décidé d’avance, que l’Homme, quelque chagrin qu’il en eût, devrait partir, qu’il allait dire : « Mère, nous recauserons de tout ça un peu plus tard », et c’est ce qu’il dit en effet. Et je compris encore, pour moi, pour mon usage, que la vie, ce n’est pas de se laisser porter par les choses, mais de suivre sa route à soi.
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