Charles Ferdinand Ramuz

Charles Ferdinand Ramuz

Résumé

Portrait de Charles Ferdinand Ramuz Charles Ferdinand Ramuz Une main

L’occasion toute trouvée nous laisse indifférents, alors qu’en d’autres temps nous prenions tant de peine à essayer de la faire naître. Des livres, des loisirs, choses si souvent désirées, et c’est comme s’ils n’étaient pas là, car il y manque le désir. Ce n’est ni le pain, ni le vin qui comptent : ce qui compte c’est le goût qu’on a pour le pain et pour le vin. Ce qui compte c’est ce dont on est privé, et c’est l’intensité du potentiel qui vous y porte. Ce qui compte, c’est non ce qu’on a, mais ce qu’on invente et ce qu’on s’invente.
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Portrait de Charles Ferdinand Ramuz Charles Ferdinand Ramuz Une main

Ça ne se constate ni par la vue, ni par le toucher, ni par l’ouïe ; ça ne se fait que peu à peu, c’est lent, c’est extrêmement lent : l’esprit replié, lui aussi, replié dans ses habitudes comme le bras dans son bandage, et peu à peu retranché de la vie par goût de ses commodités. Insensible à ce qui se dit, indifférent à ce qui se passe, incapable de regarder en avant ni en arrière, fixé sur lui-même comme à un centre, prenant ses habitudes pour des idées, et ayant fini par confondre l’immobilité où il est avec celle qu’on prête ou qu’il prête à la vérité.
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Portrait de Charles Ferdinand Ramuz Charles Ferdinand Ramuz Une main

On constate que le bras est un outil singulièrement compliqué. C’est un outil qui est vissé à notre corps, et à la fois dépendant et indépendant de lui, avec ses trois articulations, celle du poignet, celle du coude, celle de l’épaule ; chacune conçue de telle façon qu’elle peut tourner sur elle-même ou au contraire se plier, aller en avant et en arrière, d’où les mouvements en tout sens qu’il a et comme la possibilité d’épuiser toutes les positions imaginables, de tout côté, si loin qu’il puisse se porter dans l’air.
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