Charles Ferdinand Ramuz

Charles Ferdinand Ramuz

Résumé

Portrait de Charles Ferdinand Ramuz Charles Ferdinand Ramuz Les Signes parmi nous

Le soleil, ça tourne dedans. Tournent des effilochures de fumée, la poussière ; tournent des odeurs et des bruits, tournent des cris, tournent des voix ; la poule qui a fait l’œuf, un coq, des moineaux ajoutés, une femme qui appelle ajoutée : toute la vie qui entre, à cause que le soleil entre, et elle tourne dans le soleil.
Ça vient, ça entre, ça dit : « On est là ; » les choses se mettent à vous sourire contre ; un mur bien blanc vous salue par-dessus la route, avec la fraîche peinture rouge d’un tuyau de descente, continuons, encourageons-nous, tout va bien
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Ah ! si seulement tout pouvait finir, de façon qu’il y eût de nouveau unité ; quand tout est mort, il n’y a plus de mort.
Le ciel, les montagnes, les eaux, ce qui est dans le ciel, ce qui est dans les eaux : si tout seulement pouvait finir et cesser d’être, pour mieux être, et moi je serais de nouveau parmi tout, au lieu que je suis plus nulle part, et ne suis plus rien, pas même une voix, pas même un cri ; le cœur me monte et me descend tellement vite que je n’arrive plus à suivre.
Il commençait de faire lourd ; le lac ressemblait à une dalle sur un tombeau.
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C’est Clinchant.
— Tais-toi !
— Qu’est-ce que j’ai dit ?
— Tais-toi !
Mais il ne veut pas se taire ; il vous fait face, il est accoudé, il a un sourire dans sa vieille barbe d’où rien que le fourneau de sa pipe de terre sort ; il vous parle sa pipe à la bouche, et la broussaille de sa barbe fume comme si elle avait pris feu, et son bonnet lui descend sur les yeux, et sa barbe, d’en bas, lui monte jusque dans les yeux ; il vous fait face, il vous tient tête.
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