Charles Ferdinand Ramuz

Charles Ferdinand Ramuz

Résumé

Portrait de Charles Ferdinand Ramuz Charles Ferdinand Ramuz La grande peur dans la montagne

De nouveau, la belle journée allait, faisant glisser le soleil d’une arête à l’autre, au-dessus de nous, comme le long d’un câble, sans qu’ils bougeassent davantage, sans qu’ils parlassent davantage. Et c’est alors que, tout à coup, Joseph s’était tourné vers le maître ; on a été étonné du son de sa voix ; il a dit :
— C’est bien samedi, aujourd’hui ?
Le maître l’a regardé avec un regard pas habité, un regard gris, un regard plein de brume ; il fait signe qu’il ne sait plus. C’est Barthélemy qui a répondu à sa place :
— Oui, c’est samedi.
Source : Wikisource

Portrait de Charles Ferdinand Ramuz Charles Ferdinand Ramuz La grande peur dans la montagne

Il tend la main dans l’ombre, il pose sa main sur l’étoffe de son caraco de coton, il sent que c’est rond sous l’étoffe. Il sent que c’est rond et chaud sous l’étoffe, dans la fraîcheur de l’air qui fraîchit toujours plus ; une première étoile, seule encore, s’était ouverte au-dessus de la montagne.
C’était chaud et rond sous sa main ; et cette chose ronde et chaude a bougé un instant sous sa main, puis ne bouge plus, parce qu’il disait :
— Il faut choisir, vois-tu, ma pauvre petite Victorine... On ne fait pas ce qu’on veut, quand on n’est pas riches... Moi, c’est parce que je t’aime.
Source : Wikisource

Portrait de Charles Ferdinand Ramuz Charles Ferdinand Ramuz La grande peur dans la montagne

Il allait vers les neiges, il était déjà plus haut que la glace, allant vers les névés qu’on voyait être suspendus dans les limites de la terre à des arêtes, comme une lessive à son cordeau. Là où il n’y a plus rien, là où il n’y a plus personne, là où il n’y a plus d’arbres, ni de buissons, ni même d’herbe, rien qui soit en vie, sauf quelques mousses rouges et jaunes qui font comme de la peinture sur la roche, à certaines places ; — et une pierre roulait, puis Joseph avance le pied, cherchant un appui sûr pour le tranchant de sa semelle.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature