Pierre Mélon, Chasseurs de chamois (1936)
“ Le silence au-dessus du lac est inimaginable, total, fabuleux, gênant presque ; le moindre craquement, le « plopp ! » d'une truite qui saute, une branche qui se redresse, un oiseau qui change de place, tout cela prend une importance démesurée d'énorme fracas. C'est un lieu où l'on se sent envie de parler à voix basse, blotti au pied d'un tronc résineux aux rouges écorces, et je suis sûr qu'un chamois paraîtrait, debout sur un des blocs qui baignent dans l'eau glacée, que j'hésiterais à faire croûler ce silence d'un coup de carabine. ”
