Francis Poictevin

Francis Poictevin

Seuls (1886)

Résumé

Portrait de Francis Poictevin Francis Poictevin,  Seuls (1886)

“ Se retournant vers la chambre comme dans la nuit par ce soleil de mars, elle n'aperçut que la figure d'Edouard, pas immobile, adoucie, ses mains à peine, un absent qu'on cherche à ressaisir. Elle ne savait pas qu'il écrivait. Bien sûr, il ne pensait guère à elle. L'air vibrait, diaphane. Elle ne se sentait plus exister. Le lac, presque dessous le balcon, laissait ses écailles frémir. La bonne frappa à la porte, l'impression s'en était allée.
A l'heure des crépuscules, c'était des fois comme si des choses en eux se dissolvaient. En chacun sourdait un désir égal à son impuissance.
”
Source : Gallica

Portrait de Francis Poictevin Francis Poictevin,  Seuls (1886)

“ Edouard n'avait jamais vu cette pension autrefois, il est heureux doublement aujourd'hui d'être en un coin d'où le pays sans doute lui apparaîtra en une indépendance.
Au matin, ils regardent sur les montagnes les neiges rosir, au long des crêtes l'azur du ciel garder une semblance d'eau, reculer entre du nébuleux. Dans la journée, si le lac dormait,
le reflet au-dessous de Chillon avait une verticalité suspendue.
Et comme elle est propre et soignée et pas insinuante et pas embarrassée d'elle, Lucienne. Elle se lève matineuse ; leurs corps sans lourdeur ne les encombrent pas.
”
Source : Gallica

Portrait de Francis Poictevin Francis Poictevin,  Seuls (1886)

“ Au retour, un loulou brun au bord de la route se rua sur la caniche. Elle hurla sans cesser de courir. Dans le train de Mayence, ils virent sur son dos du sang séché.
Le lendemain matin, sur le vapeur, le Rhin semblait à Lucienne devancer le bateau rivalisant avec lui. De petites vagues, sous un vent de pluie, voulaient bondir contre le courant. Les sables des rives, les peupliers, les campagnes se mariaient au fleuve dans un ton vert-or aqueux. Et le capitaine du Humboldt faisait des compliments sur la caniche, jouant avec le bouquet de
violettes de Lucienne, finalement malmené, dispersé.
”
Source : Gallica

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