Charles Ferdinand Ramuz,
La Beauté sur la terre
“ L’accordéon s’est tu, on n’entend plus l’accordéon ; ce qu’on entend, c’est un premier écho dans le ravin faire son bruit comme quand une pièce de toile se tend, comme quand le vent entre brusquement dans la grande voile. Et le bruit du second écho. Puis du troisième. Comme quand la toile s’est mouillée ou comme quand le vent a faibli. La musique de fête s’est tue alors plus en arrière ; les huit musiciens sur la tribune ont ôté leur instrument de leur bouche, les joues encore toutes gonflées d’un air qui n’a pas servi ; et voilà bien où est sa place, à elle, parce que tout le monde arrive. ”
