Résumé

Portrait de Adolphe Adam Adolphe Adam Souvenirs d’un musicien

Ah ! messeigneurs, pardonnez-moi ce que j’ai pu dire contre un si grand maître, contre un prince si éclairé : c’est l’état où m’a mis ce vaurien de Petit-Pierre ; il faut absolument que je m’en débarrasse : si quelqu’un de vous veut un excellent cuisinier...
— Je le prends sur ta recommandation, s’écria l’un des courtisans, je fais comme le roi, je m’en rapporte à ton jugement, et je sais que tu te connais aussi bien en cuisine qu’en musique. Mais tu ne te griseras plus avec lui ?
— Oh ! jamais, je vous le jure, répondit Lully.
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Portrait de Adolphe Adam Adolphe Adam Souvenirs d’un musicien

Avant la Révolution, Monsieur, j’avais l’honneur d’être accordeur de la reine et des premières maisons de la cour. C’était alors une profession très-lucrative ! C’était une autre affaire d’accorder un grand clavecin dont les claviers avaient chacun des cordes différentes et dont plusieurs jeux avaient même des rangées de cordes respectives, que d’accorder vos misérables pianos à trois et à deux cordes ; on dit même qu’on en fait maintenant à une corde, ce qui est le comble de l’absurde. Aussi l’art de l’accordeur n’est plus qu’un métier, et voilà pourquoi tant de gens s’en mêlent.
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À une heure un quart, Rameau arriva, il avait la figure radieuse. Il parut d’abord surpris de voir ses amis réunis, il allait en demander l’explication quand sa femme lui présenta un nœud d’épée, et une paire de manchettes brodées de sa main. La mémoire lui revint alors.
— Bonne Louise, dit-il, tu n’oublies rien, toi ; tu sais bien quand c’est ma fête. Ce n’est pas comme moi, je ne peux jamais me souvenir du jour de la tienne, que quand j’entends tirer le canon, parce que c’est aussi celle du roi ; aussi, j’ai toujours oublié de t’avoir quelque chose pour te la souhaiter.
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