Roger Breuil

Roger Breuil

Résumé

Portrait de Roger Breuil Roger Breuil La galopine : roman (1937)

Oui, j'y ai pensé, et si tu veux le savoir, ces choses dont tu parles, elles sont brutes comme les rochers, et vicieuses comme les vagues. Ah! elles se fichent bien de la vie d'un homme! Ce n'est pas à elles qu'il faut penser, je les ai vues, je les ai senties, sur l'Océan glacial, elles sont la mort et pas autre chose! Non, ce n'est pas à elles qu'il faut penser.
— Tu le sais? cria Jeanne avec joie. Mais à quoi d'autre pourrions-nous penser ?
— A nous, à moi, à toi-même. Il n'y a que les hommes de vivants dans le monde.
Source : Gallica

Portrait de Roger Breuil Roger Breuil La galopine : roman (1937)

Elle s'exclamait à la vue d'un serin en cage, d'un joli chapeau dans une vitrine, ses accents joyeux, vifs et jaillis du plus profond d'elle-même, qui ravissaient Léonard, étaient ceux de sa honte et de son chagrin : qu'il ne voyait pas. Sa fraîche curiosité, ses surprises, ses élans et ses frémissements, sa voix qui tremblait, ses enfantillages, n'étaient que les dehors de son angoisse. Pour rien au monde elle ne l'eût révélé à Léonard. Elle s'entêtait à lui démontrer l'impossible de la vie, le poussait à se reconnaître incapable de se diriger, lui répétait le message de Marseille.
Source : Gallica

Portrait de Roger Breuil Roger Breuil La galopine : roman (1937)

Elle était faite de choses qu'il aimait et de choses qu'il détestait. Elle s'appelait parfois Jeanne en passant comme un vent léger et piquant, ou bien elle était Mme Rocheteau et stagnait dans un mortel silence. Au fond l'âme n'était jamais Léon que pour une seconde où elle se retournait et frappait d'un coup aigu qui ne laissait ni souvenir, ni blessure.
Il y avait des moments où elle vivait pour elle-même, avec une joie étonnante. Les occasions en étaient fort banales.
Un jour de juin, Léon fut envoyé porter un pli chez un contremaître malade. Il s'y rendit en vélo.
Source : Gallica

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