Edmond Jaloux

Edmond Jaloux

L'égarée (1938)

Résumé

Portrait de Edmond Jaloux Edmond Jaloux L'égarée (1938)

Laurent pensait à Alexandrine, captive ; à Andrée, consumée du désir de fuir ; à Jean-Baptiste, alcoolique. Plaisante famille ! Le vieux marquis n'était pas difficile sur le choix des mots.
Il sirotait sa tasse de tilleul dans laquelle il avait versé une large rasade de sirop de fleurs d'oranger.
— Notre Provence, dit-il, aime le calme, la douceur de vivre. Il nous faut le soleil, la flânerie, la bonne compagnie, un peu d'amitié par-dessus tout, comme l'ail dans le gigot, et puis l'eau de fleurs d'oranger qui apaise les nerfs et fait mieux dormir.
Source : Gallica

Portrait de Edmond Jaloux Edmond Jaloux L'égarée (1938)

Comme ils traversaient tous deux une clairière, il vit soudain Jean-Baptiste épauler et tirer sur un oiseau qui ouvrait l'air devant eux. La bête chavira et vint s'abattre à quelques mètres de Suffren.
— Comment, s'écria Laurent, indigné, vous tuez ici les hirondelles?
— C'est aussi bon à tuer qu'autre chose, dit paisiblement Jean-Baptiste, avec un rire épais.
Il se baissa pour ramasser l'oiseau qui palpitait encore et le fourra dans son carnier.
— Elle n'est pas tout à fait morte, objecta Laurent. Achevez-la au moins.
Source : Gallica

Portrait de Edmond Jaloux Edmond Jaloux L'égarée (1938)

Guelbert eut peur d'être joué. N'était-il qu'un instrument entre les mains de ces personnes industrieuses? A peine à Paris, Alexandrine ne lui échapperait-elle pas? Il n'eut qu'à jeter les yeux sur son amie, pâle, éplorée, les cheveux en tempête, pour se convaincre de la sottise de ses soupçons.
— Vous semblez dire que Magali vous accompagnera.
— Comment voulez-vous que je m'en aille seule? Je ne sais rien de la vie. Les moindres choses m'épouvantent. Représentez-vous l'existence que je mène depuis trois ans ; elle m'a privée de tout sens pratique.
Source : Gallica

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