Octave Mirbeau,
Un gentilhomme
“ Elle eut des joies visibles à tâter la soie des robes de sa mère, à humer les parfums des cheveux de sa mère, à se prélasser sur les fauteuils, souples et doux, à se frotter aux tentures, comme une chatte. Et, tout d’un coup, elle se prit pour sa mère d’un amour violent, passionné, et en même temps, pour Ernest Lacombe, d’une haine d’autant plus inexplicable que celui-ci était envers elle d’une attendrissante, ingénieuse et délicate bonté. Thérèse connut alors des jours heureux et bien remplis. Elle passait son temps à pomponner sa fille, la fanfrelucher de mille chiffons charmants. ”

