Francis Poictevin,
Seuls
(1886)
“ Se retournant vers la chambre comme dans la nuit par ce soleil de mars, elle n'aperçut que la figure d'Edouard, pas immobile, adoucie, ses mains à peine, un absent qu'on cherche à ressaisir. Elle ne savait pas qu'il écrivait. Bien sûr, il ne pensait guère à elle. L'air vibrait, diaphane. Elle ne se sentait plus exister. Le lac, presque dessous le balcon, laissait ses écailles frémir. La bonne frappa à la porte, l'impression s'en était allée. A l'heure des crépuscules, c'était des fois comme si des choses en eux se dissolvaient. En chacun sourdait un désir égal à son impuissance. ”

