Résumé

Portrait de Max Buchon Max Buchon Revue des Deux Mondes

Vous irez avec la Fifine, tenez. Moi, je suis de cuisine. Fifine, dépêche-toi, voilà la Jeanne-Antoine qui t’attend pour aller à la messe.
— Me voilà, me voilà, je suis prête.
La Fifine arrive avec un joli petit bonnet et un petit châle d’été sur les épaules. Le trouble de son cœur se lit de reste sur sa figure. À l’instant où elle entre dans la cuisine, ses yeux rencontrent ceux de Manuel, et elle se met à rougir comme braise. Pour cacher son embarras, elle se précipite vers la marmite en faisant à son père toute sorte de recommandations relativement à la poule.
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Josillon !
— Euh !... Où est le temps, hein, Jeanne-Antoine ?
— Mais vous êtes toujours le même, vous, Josillon ; c’est bon pour moi de me plaindre.
— Pourquoi vous plaindre, Jeanne-Antoine ? Faute de blé, on mange de l’avoine. Il ne faut jamais se plaindre. Quel âge avez-vous ?
— Neuf et puis cinquante, combien cela fait-il ?
— Ça fait cinquante-neuf en tout pays, Jeanne-Antoine. Un bel age, ma foi ! le même âge que moi. Tiens, toi, Fifine, va-t’en voir chez Coindet s’il a avalé le manche de pioche que je lui avais dit de me faire.
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Mais alors pourquoi ne vous mariez-vous pas, mam’zelle Fifine ?
— Moi, me marier ? Eh bien ! vous avez là une drôle d’idée, Jeanne-Antoine. Pourquoi me marier, et avec qui ? Pour me mettre dans la misère, tandis que je suis ici comme un roi dans la mousse. Me marier avec un pauvre vigneron ou un pauvre ouvrier qui aura déjà assez de maux de gagner sa vie à lui, et qui par conséquent ne pourrait pas gagner celle de toute une famille, une fois qu’il faudrait renoncer à mon aiguille pour soigner un tas d’enfans. Se marier ! se marier !
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