Max Buchon,
Le Matachin : romans
(1858)
“ La Fifine semble heureuse, mais recueillie. Quant a Manuel, il n'ose encore étendre son grand bras que sur le dos de la chaise de la Fifine. Son admiration craintive a quelque chose de pareil à celle d'un enfantée van t la bulle de savon qu'il vient de gonfler au bout de sa pipe de terre. Au moindre mouvement, il tremble que tout ne s'évanouisse. Pour la Jeanne-Antoine, l'étreinte caressante de ce bras la reporte malgré elle à quarante ans en arrière. Tout cela, à elle aussi, lui semble un rêve dont le moindre choc va la réveiller. Et cependant Josillon regarde toujours la Fifine. ”
