Émile Zola,
La Terre
(1887)
“ La pluie redoublait, si rude, qu’une lâcheté l’envahit. Il s’était approché de la porte des Buteau, à côté, guettant la cuisine, d’où sortait une odeur de soupe aux choux. Tout son pauvre corps y revenait se soumettre, un besoin physique de manger, d’avoir chaud, l’y poussait. Mais, dans le bruit des mâchoires, des mots échangés l’arrêtèrent. — Et le père, s’il ne rentrait point ? — Laisse donc ! il est trop sur sa gueule, pour ne pas rentrer quand il aura faim ! Fouan s’écarta, avec la crainte qu’on ne l’aperçût à cette porte, comme un chien battu qui retourne à sa pâtée. ”

