Gustave Flaubert,
Bouvard et Pécuchet
“ Je me flatte de l'avoir crossé! dit Pécuchet. Encore un mot! Puisque l'existence du monde n'est qu'un passage continuel de la vie à la mort, et de la mort à la vie, loin que tout soit, rien n'est. Mais tout devient; comprends-tu?—Oui! je comprends, ou plutôt non! L'idéalisme à la fin exaspérait Bouvard. Je n'en veux plus! le fameux cogito m'embête. On prend les idées des choses pour les choses elles-mêmes. On explique ce qu'on entend fort peu, au moyen de mots qu'on n'entend pas du tout! Substance, étendue, force, matière et âme, autant d'abstractions, d'imaginations. ”

