Eugène Le Roy,
Le Moulin du Frau
(1891)
“ Alors Poncet raidit ses bras, et l’attira un peu à lui. Se sentant serré de près, l’hercule voulut se servir de sa masse, pesa sur le meunier et le poussait, afin de saisir, dans un mouvement de recul, l’instant de l’enlever. Mais Poncet porta un jarret en arrière, et ne bougea plus. C’était beau à voir, ma foi, ces deux hommes qui luttaient, butés l’un contre l’autre comme deux taureaux entêtés. Leur front luisant sous la flamme rouge des lampions, leurs nasières ouvertes à y fourrer le pouce, leurs yeux brillants, leur bouche serrée, marquaient que cette fois c’était pour de bon. ”
