Bernard Nabonne

Résumé

Bernard Nabonne Le retour de la fille prodigue (1947)

Ainsi eut-il, tout naturellement, l'idée d'un dîner.
L'idée d'un dîner était depuis longtemps attachée à l'idée de sa fille dans les replis obscurs du cœur du vieux meunier. Toute fille d'une vingtaine d'années comporte un mariage, qui, lui-même, comporte un plantureux repas de noces, étape grandiose dans la vie d'un Béarnais.
Certes, Bordemave avait beaucoup plus souffert de la noce manquée que du déshonneur de sa fille, durant les dix années de son absence. Et il est vraisemblable que le banquet avait surgi en
même temps que Jeannette, tout à l'heure, dans rentre-bâillement de la porte.
Source : Gallica

Bernard Nabonne Le retour de la fille prodigue (1947)

« Elle est jeune, elle! » pensait-il.
Et il se retournait vers l'autre versant de la colline, plus habité, égayé par de nombreuses maisons aux cheminées fumantes et par le clocher de tuiles de soin église, qui résumait le village natal. Au loin, les Pyrénées de neige enchantaient l'horizon ; mais les regards de Séverin s'arrêtèrent sur un toit à l'écart de l'agglomération, et de la cheminée duquel ne s'échappait nulle fumée. Son père, Gustave Latrille, habitait là tout seul. Il n'avait plus la force de travailler, et soin foyer était sans bois, son hucher sans pain.
Source : Gallica

Bernard Nabonne Le retour de la fille prodigue (1947)

Faustin avait ôté son chapeau de paille pour s'éponger le front, en sueur malgré le froid de la saison ; et la blancheur de ses cheveux faisait ressortir le sang de ses joues.
Il réfléchissait ; et peu à peu une terrible expression de fureur se répandait sur son visage, fait si extraordinaire chez lui que le maire en était épouvanté. Que devait être la violence d'un homme qui ne s'était pas fâché de sa vie ?
— Tu le savais, Faustin, murmura-t-il de sa voix la plus apaisante, mais qui frémissait d'inquiétude, tu le savais bien qu'on devait pratiquer cette route dans ton champ.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature