Bernard Nabonne

Maïténa (1927)

Résumé

Bernard Nabonne Maïténa (1927)

Ah ! l’intensité de vie de la douleur. Elle saigne. Elle pleure. Elle provoque l’amour. On recueille l’amour. On panse les plaies d’où sortent les larmes. Il n’y a pas de souffrance sans amour, sous le signe des hommes sains.
Qu’elle fût orpheline, veuve ou petite mère en deuil, Pascal, profondément secoué, réfléchissait encore à ce qu’il pourrait faire pour qu’elle ne pleurât plus.
« J’irai chez elle. Elle sera toute seule. Je lui dirai tout de suite que je l’aime. Et je l’épouserai ».
Il ne pensait plus, dans la naïveté de son cœur, qu’il était déjà marié à Ambrosine et qu’il aimait Maïténa.
Source : Gutenberg

Bernard Nabonne Maïténa (1927)

Et puis se taire n’est pas seulement rêver, c’est surtout l’art de ne pas penser.
Le silence était plus complexe qu’avant l’entrée d’Ourtic. Le rythme de la pendule, la respiration de l’enfant qui dormait derrière la cloison, attendaient quelque chose de la rencontre de ce vieillard lointain et méprisant, et de cette jeune femme plantureuse, gonflée d’avenir.
— Vous devriez venir plus souvent à la veillée, dit-elle enfin. On mangerait ensemble quelques châtaignes en buvant du picpoult.
Source : Gutenberg

Bernard Nabonne Maïténa (1927)

Il méprisait ce que les hommes peuvent faire pour changer les « façons » de la nature. Deux formes seulement lui semblaient disputer l’empire du Béarn aux ténèbres : d’abord, le corps anguleux et phosphorescent des Pyrénées suspendu en l’air ; ensuite, une longue vapeur sinueuse, blanche et plate comme une route estivale, qui coupait l’espace en deux, la partie de lui-même que le gave avait envoyée à la hauteur de ses peupliers pour se mirer.
Source : Gutenberg

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