Jean Féron

Jean Féron

Résumé

Portrait de Jean Féron Jean Féron Bœufs roux

Phydime, êtes-vous décidé à marier votre fille à mon garçon Zéphirin ?
Phydime se sentit pris au dépourvu.
Il plongea ses regards gris acier dans les yeux timides du père Francœur, puis il toussa, cracha, fuma et répondit :
— Père Francœur, c’est pas à moi à décider, c’est à Dosithée. Si elle veut, c’est ben ; si elle veut pas, c’est son affaire. Moi, je veux pas me mêler de rien. Mais si elle veut, ton gars deviendra mon gars, et quand je mourrai mon bien sera son bien. Est-ce qu’on peut parler mieux que ça ?
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Portrait de Jean Féron Jean Féron Bœufs roux

Des fois, vous savez, il s’ennuie qu’on dirait, alors il s’en va à l’étable où il passe son temps à flatter ses animaux.
Et à son tour elle appela d’une voix grêle et perçante :
— Phydime ! Phydime !...
Dans une porte de l’étable se profila, cette fois, une silhouette d’homme, haute, vigoureuse, puissante.
— Eh ben ! qu’est-ce qu’il y a, Phémie ? cria la voix de l’homme.
— C’est le père Francœur qui est venu faire son tour ! répondit Dame Ouellet dans ses deux mains arrondies en trompe autour de sa bouche.
— Ben... ben... retourna le paysan de son étable, on va y aller !
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Portrait de Jean Féron Jean Féron Bœufs roux

Dans la brise et les parfums de mer elle sentait la sève de son être se renouveler, son sang bouillonnait dans ses veines, ses joues, de roses qu’elles étaient, devenaient toutes rouges, ses lèvres, plus rouges aussi, s’humectaient, et dans ses grands yeux noirs, plus humides, passaient des reflets de bonheur. Comme elle était plus jolie et gracieuse ainsi !...
Derrière elle, à quelques pas seulement, ondulait la route qui va à Saint-Denis. La jeune fille entendit sur cette route le bruit des sabots d’un cheval et le roulement d’une voiture.
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