Antonin Lavergne

Jean Coste (1901)

Résumé

Antonin Lavergne Jean Coste (1901)

Jean s’est levé pour allumer une autre chandelle ; son regard tombe sur le visage de sa mère et, à le voir si dur, si fermé à toute pitié, presque hideux dans cette lueur rouge, il se détourne, il se sent de nouveau vaincu et un sanglot déchire sa poitrine. A tâtons, il cherche une allumette sur le rebord de la cheminée pleine d’ombre.
— Tu ne dis plus rien ! — s’écrie Caussette qui ne se rend pas compte de l’obscurité qui règne dans la cuisine. — Tu fais semblant de pleurer !... Que remues-tu ?... Pourquoi marches-tu ?... Mais réponds-moi, Jean.
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Antonin Lavergne Jean Coste (1901)

La charrue luisante s’enfonce dans la terre grasse et humide, ouvrant un large sillon rougeâtre qui fume au soleil. Au fond, sur le ciel bleu, s’élèvent les montagnes que piquent d’un bouquet de verdure les platanes de la promenade. Deux ou trois vieillards adossés à un mur de pierres sèches, en face de l’école, causent entre eux, les yeux mi-clos, comme près de sommeiller, la tête appuyée sur leur bâton. Ce simple et paisible tableau charme le regard de Louise. Elle regrette de ne pas être sortie avec Jean : il doit faire si bon au dehors.
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Antonin Lavergne Jean Coste (1901)

Jean s’est rassis. Méfiante, l’aveugle pose sur lui ses regards blancs et fixés qui semblent voir. La dureté de ses traits, éclairés de nouveau, paraît s’accroître. Une souffrance vive fouille, comme une pointe acérée, le cœur de Coste. Et, dans la déroute de ses espoirs, le cerveau vide, il se prend la tête entre les mains et fond en larmes. Alors, des mots entrecoupés, des paroles de supplication ardente, jaillissent de son être vaincu, comme une prière, comme une plainte éperdue d’enfant :
Mère, mère... je vous en prie... soyez bonne...
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