Ernest Pérochon

Résumé

Ernest Pérochon Le Chemin de plaine

Son rire se rapproche ; puis, une forme sombre passe devant moi, deux mains se lèvent jusqu’à ma figure, deux mains tâtonnantes, curieuses, fouillant l’obscurité.
Complaisamment je baisse la tête, je me laisse palper. Voici mes cheveux, mes lèvres... oui, mes lèvres... et la joue de Mlle Olivet n’est pas dans le voisinage ; tu peux chercher, ma petite Thérèse !
Les deux mains s’en vont ; Josette, frôlée, pousse un cri, se lève et, nerveuse, se jette contre moi, me saisit le bras, le lâche aussitôt.
Ce mouvement fait tomber ma boîte d’allumettes qui était sur le coin du piano. Je me baisse.
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Ernest Pérochon Le Chemin de plaine

Parce qu’elle était blanche avec des tempes brûlantes, j’ai eu de la pitié et j’ai échappé au délire.
— Ma Josette, ne souffres-tu point ?
Elle a jeté ses mains à sa nuque d’un geste rapide, mais elle a repris aussitôt :
— Souffrir ! Comment peux-tu parler ainsi ?
Veux-tu que je chante ?... Tiens, ce que tu me chantais un soir :
Si tu veux faisons un rêve... Souffrir ! Comment souffrirais-je si près de toi, la tête sur ta poitrine ? Toc ! toc !... j’écoute ton cœur vibrer... Il chuchote à mon oreille mieux que ne le pourraient faire tes lèvres. Je t’aime ! Prends mes cheveux...
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Ernest Pérochon Le Chemin de plaine

Je ne l’étais pas ce matin en faisant un conte à mes élèves ; je ne l’étais pas tout à l’heure en écrivant à maman.
Le suis-je, même, en ce moment ? Comme vous, madame Valine, mieux que vous peut-être, je goûte l’apaisante douceur de ce beau soir d’été. Par ma fenêtre ouverte, la nuit vient. La nuit rampe, m’environne et m’assiège : mais ma lampe me défend et j’ai au ciel d’autres lumières amies. La tranquillité des choses entre en moi. C’est l’heure paisible où tout cède et pardonne. Toute violence meurt.
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