Louis Le Bondidier

Louis Le Bondidier

Résumé

Portrait de Louis Le Bondidier Louis Le Bondidier Phine (Hémme d'Aùssaù) (1939)

A cet âge — de seize à vingt ans — l'amour chez Phine n'est que l'assouvissement d'un besoin normal et simple comme la faim, la soif ou le sommeil. De même qu'elle a un robuste appétit, qu'elle aime la garbure quand la soupière est pleine à rase bord et quand la cuiller plantée au milieu tient debout, de même elle est en amour goulue, gloutonne mais pas gourmande. Elle aime l'amour mais seulement l'amour simple, sans complication. Au lit, pas plus qu'à la table, elle ne recherche pas la qualité mais la quantité.
Source : Gallica

Portrait de Louis Le Bondidier Louis Le Bondidier Phine (Hémme d'Aùssaù) (1939)

Les êtres habitués à vivre l'été dans la montagne et l'hiver dans la plaine entendent aussi le mystérieux appel. Chaque année, quand vient le moment de monter au pacage, les moutons bêlent inlassablement dans les bergeries, les vaches donnent des coups de pied dans les bat-flanc et les chiens de troupeaux aboient longuement à la lune.
A chaque printemps, depuis la mobilisation, Phine se sentait prise de nostalgie; la vie trop régulière de la plaine l'ennuyait.
Source : Gallica

Portrait de Louis Le Bondidier Louis Le Bondidier Phine (Hémme d'Aùssaù) (1939)

Mais dès qu'elle a franchi la porte du cimetière ou dès que la cliente a payé, très fière d'avoir obtenu le rabais de quarante sous par livre qu'elle demandait, Phine sèche ses yeux et reprend sa voix ordinaire. La morte — n'est-ce pas — est bien là où elle est; elle n'ira plus tirer du vin à la barrique en l'absence de son homme et ses gosses auront moins de coups et plus de pain. Quant à la cliente et aux truites, Phine au fond d'elle-même, triomphe et se réjouit.
Source : Gallica

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