Maxence Van der Meersch,
La Maison dans la dune
“ Deux minutes encore, Lourges, les mâchoires serrées, ramassé sur lui-même, les mains crispées sur le guidon, poussa sur les pédales à les ployer. Et il ne gagna rien, il ne réussit qu’à maintenir sa distance. La lutte était trop inégale. Sylvain, entraîné, aspiré par le remous de la camionnette, n’avait qu’à « pédaler rond », sans effort, sans fatigue. Même il lâcha la poignée, il tint le guidon d’une main, tout en haut, et se redressa pour se reposer les reins. Malgré son énergie, Lourges perdit courage. Il peinait trop. Son effort était de ceux qu’on ne peut soutenir longtemps. ”
