comtesse de Sophie Ségur

Résumé

comtesse de Sophie Ségur Les Mémoires d'un âne

Quand il faisait mauvais et que nous ne pouvions pas sortir, elle venait me voir dans mon écurie; elle m'apportait du pain, de l'herbe fraîche, des feuilles de salade, des carottes; elle me parlait, croyant que je ne la comprenais pas; elle me contait ses petis chagrins, quelquefois elle pleurait.
«Oh! mon pauvre Cadichon, disait-elle; tu es un âne, et tu ne peux me comprendre; et pourtant tu es mon seul ami; car à toi seul je puis dire tout ce que je pense. Maman m'aime, mais elle est jalouse; elle veut que je n'aime qu'elle; je ne connais personne de mon âge, et je m'ennuie.»
Source : Gutenberg

comtesse de Sophie Ségur Les Mémoires d'un âne

Où est cette bête?
Auguste:—Dans ma poche! Je l'ai sentie, je l'ai touchée! Otez-la, ôtez-la; j'ai peur, je n'ose pas.
—Tu peux bien l'ôter toi-même, poltron que tu es, reprit Henri avec indignation.
Elisabeth:—Tiens! il a peur d'une bête qu'il a dans sa poche, et il veut que nous l'ôtions, quand il n'ose pas la toucher.
Les enfants, après avoir été un peu effrayés, finirent par rire des contorsions d'Auguste, qui ne savait comment se débarrasser de la grenouille. Il la sentait gigoter et grimper dans sa poche. La frayeur augmentait à chaque mouvement de la grenouille.
Source : Gutenberg

comtesse de Sophie Ségur Les Mémoires d'un âne

Nous autres, il ne nous regarde pas de même. Avec Auguste, ses yeux brillent comme des charbons; il a, en vérité, le regard d'un diable. N'est-ce pas, Cadichon, ajouta-t-il en me regardant fixement, n'est-ce pas, Cadichon, que j'ai bien deviné, que tu détestes Auguste, et que c'est exprès que tu as été si méchant pour lui?
Je répondis en brayant et puis en passant ma langue sur sa main.
—Sais-tu, dit Camille, que Cadichon est un âne vraiment extraordinaire? Je suis sûre qu'il nous entend et qu'il nous comprend.
Source : Gutenberg

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