Comtesse de Ségur,
Mémoires d’un âne
(1860)
“ Henri. Ma pauvre Camille, quelle bêtise tu dis ! Comment veux-tu que Cadichon, qui est un âne, puisse écrire des Mémoires ? Camille. Un âne comme Cadichon est un âne à part. Henri. Bah ! tous les ânes se ressemblent et ont beau faire, ils ne sont jamais que des ânes. Camille. Il y a âne et âne. Henri. Ce qui n’empêche pas que, pour dire qu’un homme est bête, ignorant et entêté, on dit : « Bête comme un âne, ignorant comme un âne, têtu comme un âne », et que si tu me disais : « Henri, tu es un âne », je me fâcherais, parce qu’il est bien certain que je prendrais cela pour une injure. ”
