Résumé

Julie Gouraud Mémoires d'un caniche, par Mlle Julie Gouraud… (1866)

M. Nelville, tout aussi ému que moi, disait : « César! César! tu m'as reconnu. Pauvre bête!
Après une absence de deux ans! mesdames, messieurs, pardonnez-lui, pardonnez-moi. Ce chien a sauvé la vie à mon enfant. »
Tout le monde pardonnait, à l'exception de M. Pasdeloup qui nous regardait l'archet à la main et aurait peut-être essayé de m'atteindre, si l'intérêt du public ne m'eût fait un rempart inexpugnable.
J'étais ému, fou de bonheur. Chacun offrait de nous faire un passage. M. Nelville, en homme comme il faut, ne voulut point se retirer.
Source : Gallica

Julie Gouraud Mémoires d'un caniche, par Mlle Julie Gouraud… (1866)

M. NELVILLE.
Mon ami, tu as raison, et pourtant tu es encore loin de connaître toutes les qualités de ce brave animal, les services qu'il rend à son maître. Tu as déjà pu juger par toi-même de sa fidélité, de son obéissance, de son dévouement. Mais tu n'as pas encore réfléchi à l'importance de cette race fidèle pour nous autres hommes : le chien nous garde ; au moindre bruit sa voix avertit qu'un étranger passe ou s'introduit dans la maison ; il commande à la tête d'un troupeau et tu as vu comme il sait se faire obéir.
Source : Gallica

Julie Gouraud Mémoires d'un caniche, par Mlle Julie Gouraud… (1866)

Ainsi moi, pauvre et humble César, j'oubliai tous mes maux en entendant cette promesse de liberté.
L'homme avait dit vrai, je serais mort de chagrin ou d'ennui sous un pareil toit.
Ce n'est pas l'absence de la richesse, la magnificence de Baudry, ma voiture et mon barbier qui me faisait souffrir; non, je comprends le bonheur dans la médiocrité ; mais cette chambre où je respirais à peine, où j'entendais des querelles, où je voyais la misère souffrante et découragée, m'était odieuse.
Je n'étais plus un enfant; l'adversité force à la réflexion; on devient philosophe sans le savoir.
Source : Gallica

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