“ On fixera donc la muselière au collier, on la fixera des deux côtés. Si on ne le fait et que le chien sans voix, dont l’intelligence est dérangée, blesse un mouton ou un homme, il sera puni pour la blessure du blessé de la prine du baodhô-varshta". 36. Entendre collier et muselière au sens étymologique et non au sens moderne : le collier est une pièce de bois (làshlem dàuru) , mise au cou, et la muselière est une pièce, de bois également, qui rejoint le collier par le haut et par le bas : rien ne nous indique la forme exacte de l’un ni de l’autre objet. ”
Muselière
Définition et enjeux
Citations sur “muselière”
Armand Carrel,
Oeuvres de P.-L. Courier. précédées de sa vie
(1834)
“ En un mot, il faut le museler toutes les fois qu'il sort sans être bridé ; car la muselière ne lui gène point la respiration , l'empêche de mordre, et lui ôte plus que nul autre moyen tout pouvoir de nuire par malice 2. ”
Victor Babeş,
Traité de la rage
(1912)
“ Théoriquement l'application de la muselière semble un moyen efficace pour prévenir la rage, mais nous avons vu que, pour que cette efficacité devienne réelle, il faut des conditions indispensables et très difficiles à réaliser. ”
Pierre-Jules Hetzel,
Scènes de la vie privée et publique des animaux
“ On a beau dire que le susdit Fanor est un poëte novateur, il n’a encore rien imaginé de mieux, pour l’exposition de ses drames, que l’exposition de nos maîtres les Dogues primitifs, les Chiens de berger classiques, les Épagneuls à long poil. sans cadre Voyez-vous, mon maître, on a eu grand tort d’ôter à nos poëtes la muselière classique : tout le malheur de la poésie du chenil, c’est l’absence de muselière. Les anciens poëtes, grâce à leur muselière, vivaient loin de la foule, loin des passions mauvaises, loin des colères soudaines. ”
Alfred de Musset,
Premières Poésies
(1907)
“ Rien qui puisse crier d'une voix éternelle A ceux qui téteront la commune mamelle : Moi, votre frère aîné, je m'y suis suspendu ! Je l'ai tétée aussi, la vivace marâtre ; Elle m'a, comme à vous, livré son sein d'albâtre... — Et pourtant, jour de Dieu, si je l'avais mordu ? Si je l'avais mordu, le sein de la nourrice ? Si je l'avais meurtri d'une telle façon Qu'elle en puisse à jamais garder la cicatrice, Et montrer sur son coeur les dents du nourrisson? Qu'importe le moyen, pourvu qu'on s'en souvienne ? Le bien a pour tombeau l'ingratitude humaine. ”
Alfred de Musset,
Premières Poésies
(1907)
“ Agis-tu dans la fièvre ? Arrête, incendiaire. Veux-tu du même coup brûler la ville entière? Arrête ! — où nos enfants dormiront-ils demain ? FRANK. Me voici sur le seuil, mon épée à la main. Approchez maintenant, fussiez-vous une armée. Quand l'univers devrait s'en aller en fumée, Tonnerre et sang! je fais un spectre du premier Qui jette un verre d'eau sur un brin de fumier. Ah ! vous croyez, messieurs, si je vous importune, Qu'on peut impunément me chasser comme un chien? Ne m'avez-vous pas dit d'aller chercher fortune ? J'y vais. — Vous l'avez dit, vous qui n'en feriez rien ”
Alfred de Musset,
Comédies et proverbes
“ Il n’y a peut-être pas tant de danger que vous le pensez. — C’est un grand hasard s’il rencontre Salviati ce soir. — Demain nous verrons toutes les choses plus sagement. Philippe. N’en doute pas ; Pierre le tuera, ou il se fera tuer. Il ouvre la fenêtre. Où sont-ils maintenant ? Voilà la nuit ; la ville se couvre de profondes ténèbres ; ces rues sombres me font horreur ; — le sang coule quelque part ; j’en suis sûr. Le prieur. Calmez-vous. Philippe. À la manière dont mon Pierre est sorti, je suis sûr qu’il ne rentrera que vengé ou mort. Je l’ai vu décrocher son épée en fronçant le sourcil ”
Alfred de Musset,
Comédies et proverbes
(1840)
“ Vous avez vu un homme entrer par la fenêtre ? l'avez-vous vu, monsieur, oui ou non ? maître André. Je ne l'ai pas vu de mes yeux. JACQUELINE. Vous ne l'avez pas vu de vos yeux, et vous voulez me mener en justice ? MAITRE andré. Oui, par le ciel ! si vous ne répondez. JACQUELINE. Savez-vous une chose, maître André, que ma grand'mère a apprise de la sienne ? Quand un mari se fie à sa femme, il garde pour lui les mauvais propos, et quand il est sûr de son fait, il n'a que faire de la consulter. Quand on a des doutes, on les lève ; quand on manque de preuves, on se tait ”
“ Puisque je ne suis pas un merle, je suis peut-être un pigeon ramier. — Si tu en étais un, répliqua-t-il, tu m’aurais rendu le coup de bec que je t’ai donné tout à l’heure. — Eh bien ! monsieur, je vous le rendrai ; ne nous brouillons pas pour si peu de chose. Voilà le matin qui paraît et l’orage qui s’apaise. De grâce, laissez-moi vous suivre ! Je suis perdu, je n’ai plus rien au monde ; — si vous me refusez, il ne me reste plus qu’à me noyer dans cette gouttière. — Eh bien, en route ! suis-moi si tu peux. Je jetai un dernier regard sur le jardin où dormait ma mère. ”
Alfred de Musset,
Œuvres complètes
“ Confiez-vous à moi; votre honneur m'est aussi sacré que le mien, et mes cheveux gris vous en répondent.ANDRÉ.Ce qui me reste à faire? Et que veux-tu que je devienne? Il faut que je parle à Lucrèce.Il s'avance vers la porte. LIONEL.André, André, je vous en supplie, n'approchez pas de cette porte. Avez-vous perdu toute espèce de courage? La position où vous êtes est affreuse, personne n'y compatit plus vivement, plus sincèrement que moi. J'ai une femme aussi, j'ai des enfants; mais la fermeté d'un homme ne doit-elle pas lui servir de bouclier? ”
Alfred de Musset,
Œuvres complètes
“ MAÎTRE BLAZIUS.Votre nièce, seigneur.LE BARON.Ma nièce rouge de colère! Cela est inouï! Et comment savez-vous que c'était de colère? Elle pouvait être rouge pour mille raisons; elle avait sans doute poursuivi quelques papillons dans mon parterre.MAÎTRE BLAZIUS.Je ne puis rien affirmer là-dessus; cela se peut; mais elle s'écriait avec force: Allez-y! trouvez-le! faites ce qu'on vous dit! vous êtes une sotte! je le veux! Et elle frappait avec son éventail sur le coude de dame Pluche, qui faisait un soubresaut dans la luzerne à chaque exclamation. ”
Paul de Musset,
Le Maître inconnu, par Paul de Musset
(1852)
“ Servandoni chargeait sous son bras le chevalet portatif , la toile et la boîte . Pierre vou lut l' aider . – Laisse , lui dit le maître . L' exercice pourrait te gâter la main . Je suis pour aujour-d' hui ton serviteur et ton manœuvre . – A l' ouvrage ! – A l' ouvrage ! répondit Pierre ; vous m' avez rendu à moi-même , et je suis cuirassé . IX . La comtesse nous attendait , parée comme la veille . Elle nous accueillit avec gaîté . – Vous allez , dit -elle à Pierre , vous donner bien de la peine pour représenter une figure maussade et une jeunesse qui s' éteint . ”
Alfred de Musset,
Comédies et proverbes
(1878)
“ GERMAIN. Il est venu ici, je ne sais combien de fois, frapper à la porte de madame la comtesse. LE BARON. Et où est-elle, la comtesse ? GERMAIN. Monsieur, elle n'est pas levée. LE BARON. A cette heure-ci! c'est inconcevable. Elle ne dîne donc pas cette femme-là? GERMAIN. Non, monsieur, elle soupe. LE BARON. Autre cervelle fêlée ! Beau voisinage pour un fou ! GERMAIN. Mon maître serait bien fâché, monsieur, s'il s'entendait traiter de la sorte. Lorsqu'on se hasarde à lui faire remarquer la moindre distraction de sa part, il entre dans une colère affreuse. ”
Alfred de Musset,
Œuvres complètes
“ MAÎTRE ANDRÉ. Voilà qui est bon, Jacqueline, il ne s’agit pas de cela. Landry, mon clerc, a vu un homme... JACQUELINE. Eh ! mon Dieu, j’ai bien entendu. Me prenez-vous pour une brute, de me rebattre ainsi la tête ? C’est une fatigue qui n’est pas supportable. MAÎTRE ANDRÉ. À quoi tient-il que vous ne répondiez ? JACQUELINE, pleurant. Seigneur, mon Dieu, que je suis malheureuse ! qu’est-ce que je vais devenir ? Je le vois bien, vous avez résolu ma mort ; vous ferez de moi ce qui vous plaira ; vous êtes homme, et je suis femme ; la force est de votre côté. Je suis résignée ”
Alfred de Musset,
On ne badine pas avec l’amour
(1920)
“ LE BARON Dans la luzerne ?. Et que répondait la gouvernante aux extravagances de ma nièce ? car cette conduite mérite d'être qualifiée ainsi. MAITRE BLAZIUS La gouvernante répondait : « Je ne veux pas y aller ! Je ne l'ai pas trouvé. Il fait la cour aux filles du village, à des gardeuses de dindons. Je suis trop vieille pour commencer à porter des messages d'amour ; grâce à Dieu, j'ai vécu les mains pures jusqu'ici » ; - et, tout en parlant, elle froissait dans ses mains un petit papier plié en quatre. LE BARON Je n'y comprends rien ; mes idées s'embrouillent tout à fait. ”
Alfred de Musset,
On ne badine pas avec l’amour
(1834)
“ LUCRÈCE. Ah ! je suis morte. ANDRÉ. Réponds-moi ; qui t'amène à cette heure ? As-tu une querelle ? faut-il te servir de second ? As-tu perdu au jeu ? veux-tu ma bourse ? Il lui prend la main. Au nom du ciel, parle : tu es comme une statue. CORDIANI. Non..., non..., je venais te parler..., te dire..., en vérité, je venais.... je ne sais... ANDRÉ. Qu'as-tu donc fait de ton épée ? Par le ciel, il se passe en toi quelque chose d'étrange. Veux-tu que nous allions dans ce salon ? ne peux-tu parler devant ces femmes ? A quoi puis-je t'être bon ? réponds, il n'y a rien que je ne fasse. ”
Alfred de Musset,
Nouvelles
(1879)
“ Oui, monsieur, dit Pierrot, et pour aller plus vite, si monsieur veut, je vais prendre le cheval de monsieur. Et sans attendre la permission du docteur, il sauta sur le cheval et disparut. Un quart d'heure après, il revint au galop avec deux gros sacs pleins de cendre, l'un devant, l'autre derrière lui. « Mon¬ sieur voit que je n'ai pas perdu de temps, dit-il en montrant le cheval qui n'en pouvait plus ; je ne me suis pas amusé à causer, je n'ai dit un mot à personne ; votre gouvernante était sortie, et j'ai tout arrangé moi-même. » ”
Alfred de Musset,
Comédies et proverbes
“ UN MARCHAND DE SOIERIES et UN ORFÈVRE ouvrent leur boutique.Le marchand de soieries. Hé ! hé ! père Mondella, voilà bien du vent pour mes étoffes. Il étale ses pièces de soie.L’orfèvre, bâillant. C’est à se casser la tête ! Au diable leur noce ! Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Le marchand. Ni ma femme non plus, voisin ; la chère âme s’est tournée et retournée comme une anguille. Ah ! dame ! quand on est jeune, on ne s’endort pas au bruit des violons. ”
Alfred de Musset,
Premières Poésies
“ Caché sous le portail, que couvre une ombre épaisse, Tour à tour près du mur il se penche et se baisse... Quel spectacle imprévu vient de frapper ses yeux ! Près de l’ardent foyer où le chêne pétille, Le vieux Smolen, courbé, récite à haute voix L’oraison qu’après lui répète sa famille. Comme dans ce guerrier si terrible autrefois La sainte paix de l’âme efface les années ! Il prie, — et cependant deux femmes inclinées Pour parler au Seigneur se reposent sur lui. Tïburce les connaît ; — l’une est âgée — et l’autre... — Corrupteur, corrupteur, que viens-tu faire ici ? ”
“ À la première note qu’il entendit, mon père sauta en l’air comme une fusée. — Qu’est-ce que j’entends-là ? s’écria-t-il ; est-ce ainsi qu’un merle siffle ? est-ce ainsi que je siffle ? est-ce là siffler ? Et, s’abattant près de ma mère avec la contenance la plus terrible : — Malheureuse ! dit-il, qui est-ce qui a pondu dans ton nid ? À ces mots, ma mère indignée s’élança de son écuelle, non sans se faire du mal à une patte ; elle voulut parler, mais ses sanglots la suffoquaient, elle tomba à terre à demi pâmée. Je la vis près d’expirer ”
“ Le chevalier, qui tenait encore son or, vit une goutte d’eau sur son soulier poudreux, grande comme un petit écu. — Peste ! dit-il, mettons-nous à l’abri. Il ne s’agit pas de se laisser mouiller. Et il se dirigea lestement vers l’antre du Cerbère, ou, si l’on veut, la maison du concierge ; puis là, se jetant sans façon dans le grand fauteuil du concierge même : — Dieu ! que vous m’ennuyez ! dit-il, et que je suis malheureux ! Vous me prenez pour un conspirateur, et vous ne comprenez pas que j’ai dans ma poche un placet pour Sa Majesté ! Je suis de province, mais vous n’êtes qu’un sot. ”
Alfred de Musset,
Contes
(1879)
“ Seul, plongé dans un vieux fauteuil, au fond de sa petite chambre, à l'auberge du Soleil, le chevalier attendit le lendemain, puis le surlendemainr — point de nouvelles. Singulière femme ! — douce et impérieuse, bonne et méchante, la plus frivole et la plus entêtée ! — Elle m'a oublié. Oh ! misère ! Elle a raison, elle peut tout et je ne suis rien. Il s'était levé, et se promenait par la chambre : Rienr non, je ne suis qu'un pauvre diable. Que mon père disait vrai ! La marquise s'est moquée de moi ; c'est tout simple — pendant que je la regardais, c'est sa beauté qui lui a plu. ”
Alfred de Musset,
Œuvres complètes
“ Songez donc que, si nous n’employons ce moyen, nous en avons pour une année entière. Maître André s’embusque aujourd’hui, il se rembusquera demain, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il nous surprenne. Moins il trouvera, plus il cherchera ; mais qu’il trouve une fois pour toutes, et nous en voilà délivrés. Jacqueline. C’est impossible ! il n’y faut pas songer. Clavaroche. Un rendez-vous dans un jardin n’est pas d’ailleurs un si gros péché. À la rigueur, si vous craignez l’air, vous n’avez qu’à ne pas descendre. On ne trouvera que le jeune homme, et il s’en tirera toujours. ”
Alfred de Musset,
Œuvres complètes
“ Qu’aujourd’hui nous leur échappions, puisque nous sommes avertis, ce n’est pas là le difficile ; mais du moment que maître André agit sans rien dire, nous avons tout à craindre de lui. CLAVAROCHE. Vraiment, c’est là toute l’affaire, et il n’y a pas plus de mal que cela ? JACQUELINE. Êtes-vous fou ? Comment est-il possible que vous en plaisantiez ? CLAVAROCHE. C’est qu’il n’y a rien de si simple que de nous tirer d’embarras. Maître André, dites-vous, est furieux ? eh bien ! qu’il crie ; quel inconvénient ? Il veut se mettre en embuscade ? qu’il s’y mette, il n’y a rien de mieux. ”
Paul de Musset,
Revue des Deux Mondes
“ Dans cette extrémité, Claudine, n’écoutant plus que la pudeur aux abois, frappa le lieutenant au visage à poing fermé si rudement, qu’il lâcha prise. Ils se regardèrent tous deux en palpitant, l’un de rage, et l’autre d’horreur, comme ces héros d’Homère qui suspendent leurs coups pour mieux combattre après. — Mille démons ! s’écria Thomas ivre de colère, une jolie fille ne sort pas de la chambre d’un mousquetaire mazarin comme elle y est entrée. ”
Alfred de Musset,
Comédies et proverbes
(1878)
“ Non, madame, hésiter quand vous parlez ainsi, C'est trop souffrir pour moi; cette bague. est à lui. Elle se met à genoux. LA MARÉCHALE. Mon fils? Je le savais. Levez-vous donc, ma chère, Vous avez, en tout cas, mieux fait que de vous taire. Mais que prétendez-vous? LISETTE, se levant. Hien au monde. LA MARÉCHALE. Et pourquoi, Puisque votre secret s'échappe devant moi, Cette sorte d'audace avec cette imprudence ? LISETTE. On parle comme on peut, on agit comme on pense. LA MARÉCHALE. • Pensez-vous que le duc soit pour vous un amant, Et qu'on puisse, à son gré, trahir impunément? ”
Alfred de Musset,
Premières Poésies
(1907)
“ Or vous vous doutez bien, par cette double lettre, Que ce que vous vouliez, c'était un rendez-vous. Car, excepté cela, que veut un billet doux? Vous pénétrerez donc par la chère fenêtre. On vous introduira comme un conspirateur. Que ferez-vous alors, vous, double séducteur? Vous entendrez des cris. — C'est alors que le père, Semblable au commandeur dans le Festin de Pierre, Dans sa robe de chambre apparaîtra soudain. Il vous provoquera, sa chandelle à la main. Vous la lui soufflerez du vent de votre épée. ”
Alfred de Musset,
Œuvres complètes
“ CLAVAROCHE.Pourquoi horrible? Rien n'est plus innocent. Vous écrivez un mot à Fortunio, si vous ne pouvez le trouver vous-même; car le moindre mot en ce monde vaut mieux que le plus gros écrit. Vous le faites venir ce soir, sous prétexte d'un rendez-vous. Le voilà entré; les clercs le surprennent, et maître André le prend au collet. Que voulez-vous qu'il lui arrive? Vous descendez là-dessus en cornette, et demandez pourquoi on fait du bruit, le plus naturellement du monde. On vous l'explique. Maître André en fureur vous demande à son tour pourquoi son jeune clerc se glisse dans son jardin. ”
