Alfred de Musset,
Comédies et proverbes
(1840)
“ CORDIANI. Non ! non ! Est-ce d'une orgie que je sors, pour que l'air du matin me frappe au visage ? L'ivresse de l'amour est-elle une débauche, pour s'évanouir avec la nuit ? Toi, que voilà, Damien, depuis combien de temps m'as-tu vu l'aimer ? Ou'as-tu à dire à présent, toi qui es resté muet, toi qui as vu pendant une année chaque battement de mon coeur, chaque minute de ma vie, se détacher de moi pour s'unir à elle ? et je suis coupable aujourd'hui ? Alors pourquoi suis-je heureux ? Et que me diras-tu d'ailleurs que je ne me sois dit cent fois à moi-même ? Suis-je un libertin sans coeur ? ”
