Alfred de Musset,
Alfred de Musset
(1867)
“ CORDIANI. Non? non ! Est-ce d'une orgie que je sors pour que l'air du matin me frappe au visage ? L'ivresse de l'amour est-elle une débauche, pour s'évanouir avec la nuit? Toi, que voilà, Damien, depuis combien de temps m'as-tu vu l'aimer ? Qu'as-tu à dire à présent, toi qui es resté muet, toi qui as vu pendant une année chaque battement de mon coeur, chaque minute de ma vie se détacher de moi pour s'unir à elle? Et je suis coupable aujourd'hui? Alors pourquoi suis-je heureux ? Et que me diras-tu d'ailleurs que je ne me sois dit cent fois à moi-même? Suis-je un libertin sans coeur? ”

