La Bancale (1910)

Résumé

La Bancale (1910)

“ Le soleil allongeait, en dents de scie, l'ombre aiguë des toits. On dirait que les maisons sont tuées par la chaleur : on leur a fermé les volets, comme on ferme les yeux à des morts.
Le père Panainnin, entre deux bouffées de pipe, murmura :
— Il a fait rudement chaud aujourd'hui, dans le bois ! Les Boussard se sentent un peu dépaysés. Ils viennent rarement à la ville. Ils vivent, dans un tout petit village, à six kilomètres d'ici, récoltant, pour eux, des pommes de terre et du blé, du foin pour la vache et l'âne, de l'avoine pour les poules, du trèfle pour les lapins.
”
Source : Gallica

La Bancale (1910)

“ Deux femmes n'ont pas besoin, pour elles seules, d'une maison tout entière. Elles n'ont que faire de la cour, de la cave, du grenier, qui sont le domaine de l'homme. C'est dans la cour que l'on scie le bois lorsqu'il fait beau, que l'on étend, sur une toile de bâche, les haricots pour qu'ils sèchent au soleil, que l'on construit, avec de vieilles planches, une cabane dont on recouvre le toit avec des morceaux de fer blanc rouillé pour que la pluie ne tombe pas trop sur les poules. ”
Source : Gallica

La Bancale (1910)

“ Presque toujours, lorsqu'elle rentre de l'école, Augustine est là. Augustine est-elle bien disposée? On s'amuse, pendant que la soupe cuit, à dire des devinettes. Toutes les deux sont accroupies devant la cheminée. On allume la bougie seulement quand il fait, dehors, nuit noire. Ou bien, l'une près de l'autre, elles restent sans rien dire. Elle revoit la journée qui vient de finir, teintée de bleu quand les problèmes ont été simples, les règles de grammaire faciles à comprendre, toute grise, si elle n'a rien entendu à la division des poids, des mesures. ”
Source : Gallica

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