Bordenave

Définition et enjeux

Portrait de Émile Zola Émile Zola Nana (1880)

Par moments, des paupières se fermaient, des visages devenaient terreux ; c’était crevant, comme toujours, selon le mot de Vandeuvres. Ces soupers-là, pour être drôles, ne devaient pas être propres. Autrement, si on le faisait à la vertu, au bon genre, autant manger dans le monde, où l’on ne s’ennuyait pas davantage. Sans Bordenave qui gueulait toujours, on se serait endormi. Cet animal de Bordenave, la jambe bien allongée, se laissait servir avec des airs de sultan par ses voisines, Lucy et Rose.
Source : Wikisource

Portrait de Émile Zola Émile Zola Nana (1880)

Son Altesse me comble, disait Bordenave en s’inclinant toujours. Le théâtre n’est pas grand, nous faisons ce que nous pouvons... Maintenant, si Son Altesse daigne me suivre...
Déjà le comte Muffat se dirigeait vers le couloir des loges. La pente assez rapide de la scène l’avait surpris, et son inquiétude venait beaucoup de ce plancher qu’il sentait mobile sous ses pieds ; par les costières ouvertes, on apercevait les gaz brûlant dans les dessous ; c’était une vie souterraine, avec des profondeurs d’obscurité, des voix d’hommes, des souffles de cave.
Source : Wikisource

Portrait de Émile Zola Émile Zola Nana (1880)

Mais le prince souriait, l’air heureux et excité d’avoir entendu ça, couvant du regard la petite femme qui se fichait de Son Altesse. Elle riait effrontément. Cependant, Bordenave décida le prince à le suivre. Le comte Muffat, pris de sueur, venait de retirer son chapeau ; ce qui l’incommodait surtout, c’était l’étouffement de l’air, épaissi, surchauffé, où traînait une odeur forte, cette odeur des coulisses, puant le gaz, la colle des décors, la saleté des coins sombres, les dessous douteux des figurantes. Dans le couloir, la suffocation augmentait encore
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature