“ Qu’il soit permis, sire, à votre parlement de Bordeaux de présenter à votre majesté un plan qui réunirait tous les ordres de l’état, qui simplifierait l’administration intérieure du royaume, qui ramènerait l’agriculture, le commerce et les arts, qui élèverait l’âme par le sentiment intérieur de la liberté, qui mettrait dans les impositions une répartition juste et proportionnelle, qui anéantirait la corvée, et qui, en faisant la félicité des particuliers, ferait la gloire, le bonheur et la force des rois. ”
Parlement de Bordeaux
Définition et enjeux
Le Parlement de Bordeaux, cour de justice fondée en 1451 par Charles VII, fut un pilier du droit en Aquitaine avant sa dissolution en 1790. Établie comme troisième cour royale après Paris et Toulouse, elle siégeait au palais de l'Ombrière et exerçait une juridiction étendue sur plusieurs sénéchaussées. Ses rapports complexes avec le pouvoir central, illustrés par les révoltes des Bordelais ou les résistances face aux édits royaux, révèlent une autonomie juridique durable.
Les auteurs comme Étienne de La Boétie soulignent son rôle dans les débats sur la vassalité, tandis qu'Ernest Gaullieur documente ses tensions avec les réformateurs. Cette institution, symbole d'une tradition locale, disparut avec la centralisation révolutionnaire, marquant la fin d'une époque où les parlements, tels celui de Bordeaux, façonnaient le droit de manière indépendante.
Citations sur “Parlement de Bordeaux”
“ Un puissant esprit d’indépendance locale se développait sous l’influence de la richesse ; l’éloquence s’unissait aux autres arts, et le barreau de Bordeaux renfermait des talens qui ont éclaté plus tard à la tribune nationale. Il semble donc que l’institution d’une assemblée provinciale dût y être très bien reçue. Ce fut le contraire qui arriva. Diverses causes amenèrent cet échec. La principale fut l’attitude inquiète et séditieuse que prenait depuis quelque temps le parlement de Bordeaux. ”
Étienne de La Boétie,
Discours de la servitude volontaire
“ Le Parlement de Bordeaux était fort excité contre les fauteurs de désordre et les circonstances ne lui manquaient pas de sévir contre eux, malgré Burie qui paraît mieux garder son sang-froid. Est-ce à propos de quelque incident de ce genre que le Mémoire fut présenté au Parlement ? Il se peut ; il se peut aussi que l’occasion de sa composition fut, lorsque la cour de justice eut à désigner quelques-uns de ses membres, pour venir à Saint-Germain examiner, avec le conseil privé, quelle conduite devait être tenue à l’endroit des réformés. ”
