Résumé

Robert Caze Le martyre d'Annil : les filles (1883)

Annil se précipita dans la petite chambre. Elle vit sa mère étendue livide et sanglante sur le lit. La paysanne, les yeux fermés, geignait et respirait avec le rythme d'un soufflet de forge.
– Oh ! maïré, mairél s'écria l'enfant. (Oh ! mère ! mère !) Et elle jeta ses bras autour du cou de Marion, l'étreignant, l'inondant de larmes, la couvrant de baisers.
Marion n'avait plus la force de parler. Mais elle savait sa fille là, elle laissa couler deux longues larmes que recueillirent les lèvres de l'enfant.
Au dehors, les paysans causaient toujours à voix basse.
Source : Gallica

Robert Caze Le martyre d'Annil : les filles (1883)

Mais tout cela paraissait très bien à Annil avec laquelle Arnoussacn avait jamais usé d'autant de précautions. Ce qui contribuait surtout à donner au roulier ces apparences de sensitive, c'était peut-être moins la grande passion d'Annil, les coups d'amour à grand orchestre de spasmes que les lassitudes qui en étaient la suite. Rien ne plaisait à Jeanbernat comme ces longues heures de paresse que l'on passe au lit, sans penser à rien, en regardant vaguement la pluie couler sur les vitres, tandis que l'on est bien chaudement à l'abri soi-même, couché à côté d'un corps de jeune femme.
Source : Gallica

Robert Caze Le martyre d'Annil : les filles (1883)

C'est moi, Pâquerette. Ne te déranges pas. Est-ce qu'on peut entrer, Duchesse ?
– Entre, répondit Angèle pas contente en somme d'avoir été dérangée dans ses rêveries.
Pâquerette apparut très grande dans sa chemise ornée sur le devant d'une broderie à jour. Elle avait de longs cheveux noirs rudes au toucher qui lui tombaient dans le dos, un front étroit, des yeux d'un bleu gris un peu dur, le nez court, les narines et les lèvres pincées, des seins fermes, des mains et des pieds épais, les attaches lourdes : une belle génisse en somme.
Source : Gallica

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