Résumé

Collectif Les Annales politiques et littéraires

Le feu flambe, le vent d’autan ronfle dans la vaste cheminée, et le tic tac de la vieille pendule à gaine enfumée scande la conversation de la meunière et du berger, selon le rythme qui convient à ces âmes de simples gens.
Mais, soudain, et au moment même où Aline, remontée de la cave, étendait la grosse nappe brune sur la vieille table rayée et encochée par cinq ou six générations, un bruit de sabots ferrés retentit sur les marches de l’escalier extérieur ; la porte à claire-voie s’ouvrit vivement, et le père Terral entra. Tous se turent soudain.
Pas bien imposant, pourtant, le meunier.
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Nul ne le vit sortir. Mion et son père dormaient, sans doute ; la meunière était dans l’étable à soigner ses bêtes. Il escalada à pas pressés la pente raide et glissante qui, des Anguilles, par un sentier aux mille lacets, conduit à La Garde. Un pâle rayon de soleil – le premier depuis longtemps – jaillit par-dessus les crêtes du versant opposé, et fit étinceler la neige dure, les arbres givrés et, plus haut, le modeste clocher d’où s’envolaient les sonneries. Mais, dans ce paysage frissonnant, sans vie et sans tendresse, Garric se sentait le cœur encore plus glacé.
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Et, moi vivant, non, moi vivant, je le jure, ma fille ne sera pas la femme de Jean Garric.
Et, fermant son couteau dont la lame claqua, raffermissant son haut bonnet dérangé par la dispute, il sortit par la porte de la chaussée, sacrant et agitant ses bras comme un possédé.
Cadet, sans rien dire, s’éclipsa par la porte de la basse-cour. Rose pleurait silencieusement, et Linou, entre sa mère et son parrain, s’efforçait de réconforter l’une et d’apaiser l’autre. Et Rose, dans ses pleurs, ajoutait :
– Mon pauvre Joseph, il faut lui pardonner ; il n’a plus sa tête à lui.
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