Henry Gréville

Henry Gréville

Résumé

Portrait de Henry Gréville Henry Gréville Le moulin Frappier. Tome 1 (1881)

Victoire sanglotait sur une chaise.
— Voyons, ma mère! dit la jeune femme avec une nuance de dédain. Vos larmes n'y feront pas de bien, et elles peuvent faire du mal. Laissez-le tranquille, ce pauvre cher homme !
— On voit bien que vous ne l'aimez pas! cria la Quesnelle en montrant sa figure sillonnée de pleurs; si vous l'aimiez, ça vous ferait quelque chose de le voir comme ça.
Elle rejeta son tablier sur sa tête et recommença à gémir.
Geneviève se détourna avec un sourire amer. Non,
elle n'aimait pas François, puisqu'elle se tenait auprès de lui, sans cris et sans larmes.
Source : Gallica

Portrait de Henry Gréville Henry Gréville Le moulin Frappier. Tome 1 (1881)

Céleste regardait sa fille avec des yeux pleins d'épouvante.
— Si je perdais mon mari, continua Geneviève, croyez-vous que ma belle-mère me souffrirait ici?
Ah! j'y ai pensé souvent, allez! Quand on aime un trésor par-dessus tout, on tremble toujours de le perdre; moi, je ne rêve qu'à cela. Je m'éveille en sursaut, la nuit, croyant qu'il est mort et qu'on ne veut pas m'enterrer avec lui. Si je le perdais, je ne resterais pas ici, je vous le jure! Apprenez-moi à faire de la dentelle, ma mère.
Source : Gallica

Portrait de Henry Gréville Henry Gréville Le moulin Frappier. Tome 1 (1881)

Enlevé dans la force de la jeunesse et de la santé, sauf la rigidité des traits, il n'avait rien de ce qui caractérise la mort, et paraissait plus beau que jamais.
— François, dit la veuve, mon François, est-il possible que tu sois mort?
Le silence régnait dans la chambre; elle se tordit les mains.
— Que la vie est longue! dit-elle avec désespoir.
Mais il faut vivre pour élever l'enfant, je l'ai promis.
La nuit était noire au dehors ; une bougie auprès du lit jetait des ombres vacillantes dans la grande pièce sombre. Geneviève regarda autour d'elle et frissonna.
Source : Gallica

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