Résumé

Louise Compain La vie tragique de Geneviève

Elle rêve... le vent léger qui s’est parfumé sur l’aubépine blanche, a caressé son front... et voilà que plus douce que la caresse du vent, plus suave que les fleurs, une figure s’ébauche dans la jolie tête songeuse : des yeux bruns, où brille une lueur dorée se penchent vers les siens. Un même reflet les éclaire... Pourquoi Marguerite reste-t-elle l’éternelle absente ; pourquoi n’a-t-elle pas répondu ? Un soupçon injuste se glisse dans le cœur de Geneviève. Marguerite n’aurait-elle pas voulu répondre ? Oh ! non ! le doute n’est pas possible quand il s’agit du cœur de Marguerite.
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Louise Compain La vie tragique de Geneviève

Vous serez écoutée des unes et des autres, parce que tout ce que vous direz, vous l’aurez souffert et vécu !
Geneviève leva les yeux sur l’avocat.
— Je ne vous comprends guère. À qui parlerai-je et qui m’écoutera ? Je suis trop faible pour ce que vous semblez attendre de moi. Je ne comprends rien moi-même à mon émotion !
— C’est l’appel de la vie, l’appel de toutes celles qui ont besoin de toi, dit Marguerite d’une voix basse et tendre !
— La vie ?... murmura Geneviève qui d’un geste lamentable laissa retomber sa tête sur l’épaule de sa sœur.
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Louise Compain La vie tragique de Geneviève

Ils connurent ainsi une joie d’amoureux à arranger au mieux de leurs goûts, ce coin de vieille maison que des cloisons trop minces isolaient des autres locataires, et Geneviève y trouva la jouissance, si douce au cœur d’une femme, d’y travailler au bien-être des siens. Parfois, installée devant sa machine à coudre, car le supplément de son gain demeurait nécessaire, elle se reportait aux jours où, jeune fille ignorante, elle avait rêvé d’un avenir plus brillant. Cette vie de femme d’ouvrier, ouvrière elle-même, était un havre heureux qu’elle avait désespéré d’atteindre.
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