Pagès de Noyez

Résumé

Pagès de Noyez Une fausse peur : la valise (1882)

Pendant cinq ans j'ai refoulé toutes les délicatesses du rêve, pour m'incliner avec estime devant cet homme qui m'aimait tant et ne savait pas m'aimer. Mais la nature, quoi qu'on fasse, a ses droits ; aujourd'hui ce trop-plein déborde avec ses colères, ses soupçons, ses désirs de vengeance. Je ne veux pas que Lionel en aime une autre que toi !
Mme de Morval avait prononcé ces derniers mots d'un ton farouche, mais on sentait l'affection du cœur vibrer sur ses lèvres ; aussi Marguerite, profondément touchée, tomba dans les bras de sa sœur qu'elle tint longtemps embrassée.
Source : Gallica

Pagès de Noyez Une fausse peur : la valise (1882)

Dès qu'elle eut vu s'éloigner la domestique, elle se sentit plus calme.
— Quel abîme que le ménage, songeait-elle.
Il semble que l'homme perde toute intuition des choses dès qu'il passe à l'état de mari. Les uns, jaloux sans motif, accablent de leurs soupçons injustes une femme innocente dont tous les mouvements semblent prémédités ; les
autres, confiants à l'excès, s'endorment dans une sécurité aveugle comme.
— M. Destage, annonça la domestique.
Mme de Morval ne put s'empêcher de sourire au hasard qui venait ainsi prononcer le nom qu'elle avait dans l'esprit.
Source : Gallica

Pagès de Noyez Une fausse peur : la valise (1882)

Ou plutôt, ils sentent se réveiller en eux cette fibre longtemps endormie qui gît au fond de tout cœur, attendant l'heure pour vibrer sous l'influence bienfaisante qui ramène aux émotions éternellement vraies de l'amour.
C'est ainsi qu'à la vue de Fernande, M. d'Aubesac s'était transformé. Les jouissances parisiennes lui paraissaient décevantes en comparaison des joies intimes du foyer domestique abritant l'amour conjugal de cette adorable jeune fille.
Source : Gallica

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