Pagès de Noyez, Une fausse peur : la valise (1882)
“ Pendant cinq ans j'ai refoulé toutes les délicatesses du rêve, pour m'incliner avec estime devant cet homme qui m'aimait tant et ne savait pas m'aimer. Mais la nature, quoi qu'on fasse, a ses droits ; aujourd'hui ce trop-plein déborde avec ses colères, ses soupçons, ses désirs de vengeance. Je ne veux pas que Lionel en aime une autre que toi ! Mme de Morval avait prononcé ces derniers mots d'un ton farouche, mais on sentait l'affection du cœur vibrer sur ses lèvres ; aussi Marguerite, profondément touchée, tomba dans les bras de sa sœur qu'elle tint longtemps embrassée. ”
