Saint-Patrice

Résumé

Saint-Patrice Près du gouffre (1877)

Eh bien, à nous autres hommes, et à vous aussi, mesdames, il nous faut, de temps en temps, revivre notre enfance; il nous faut rire du monsieur qui perd son chapeau, ou de la dame qui a le nez trop long ; si nous restons toujours enfermés dans notre carapace, nos mouvements et nos paroles prennent une raideur pénible qu'un bon éclat de rire, partant du cœur, suffit à dissiper.
Tel est précisément le reproche que l'on peut adresser à Marguerite de Bertrac ; malgré sa bonté, sa douceur, elle ne s'abandonne
jamais à ces excès de gaieté folle qui séduisent tant chez la jeune fille.
Source : Gallica

Saint-Patrice Près du gouffre (1877)

Tel était le raisonnement que se faisait Marguerite. Elle ne désirait la vengeance que lorsque tout espoir serait perdu. Ce qu'elle voulait, ce qu'elle exigeait, c'était de voir, de nouveau, son mari assidu auprès d'elle. Elle comprenait, elle aurait même excusé sa faiblesse, car Marguerite de La Rolle n'est pas une enfant. Elle est douée d'une nature des mieux équilibrées, saisissant tout sans le moindre effort, et ayant une bien profonde connaissance innée des choses humaines.
Aussi se disait-elle : il m'aime bien, au
fond, seulement il me possède.
Source : Gallica

Saint-Patrice Près du gouffre (1877)

Cette ballade de Moore, chantée d'une voix plaintive par la jeune Anglaise, émut profondément le cœur des assistants, bien que peu de personnes présentes pussent comprendre le sens de ces paroles touchantes du poëte, simple et amoureux par excellence.
De La Rolle se montrait ravi, car il croyait que le compliment s'adressait à lui. Aussi,
après la ballade, réussit-il à se ménager un entretien à l'écart avec Ethel, et, tout en la félicitant chaudement, il lui glissa dans l'oreille quelques mots qui semblèrent la dérouter complètement, car la rougeur lui monta au front.
Source : Gallica

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