William Shakespeare

William Shakespeare

Résumé

Portrait de William Shakespeare William Shakespeare Beaucoup de bruit pour rien

LÉONATO. S’il craint Dieu, il faut nécessairement qu’il garde la paix ; ou qu’ayant rompu la paix, il entre dans la querelle avec crainte et tremblement.
DON PEDRO. Et c’est ainsi qu’il agit : car c’est un homme qui craint Dieu, quoiqu’on puisse croire le contraire par quelques grosses plaisanteries qu’il fera. N’importe, je plains beaucoup votre nièce. Irons-nous à la recherche de Bénédict, pour lui parler de cet amour ?
CLAUDIO. Ne lui en parlons pas, monseigneur. Qu’aidée de bons conseils, Béatrice s’arrache cet amour !
DON PEDRO. Ah ! c’est impossible : elle s’arracherait plutôt le cœur.
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Portrait de William Shakespeare William Shakespeare Beaucoup de bruit pour rien

LÉONATO.—Ni moi; mais ce qu'il y a de plus surprenant, c'est qu'elle raffole ainsi du seigneur Bénédick, lui que, d'après ses manières extérieures, elle a paru toujours détester.
BÉNÉDICK, à part.—Est-il possible? le vent souffle-t-il de ce côté?
LÉONATO.—Par ma foi, seigneur, je ne sais qu'en penser, si ce n'est qu'elle l'aime à la rage; cela dépasse l'imagination.
DON PÈDRE.—Peut-être que ce n'est qu'une feinte de sa part.
CLAUDIO.—Ma foi, c'est assez probable.
LÉONATO.—Une feinte? Bon Dieu! jamais passion feinte ne ressembla d'aussi près à une passion véritable que celle qu'elle témoigne.
Source : Gutenberg

Portrait de William Shakespeare William Shakespeare Beaucoup de bruit pour rien

Ce gentilhomme n’est-il pas — digne d’un lit aussi privilégié — que la couche de Béatrice ?
HERO. — Ô Dieu d’amour ! je sais qu’il est digne — de tout ce qui peut être accordé à un homme. — Mais la nature n’a jamais fait un cœur de femme — d’une étoffe plus fière que celui de Béatrice ; — le dédain et la morgue étincellent dans ses yeux — qui méprisent tout ce qu’ils regardent, et son esprit — s’estime si haut que pour elle — toute autre chose est chétive : elle ne peut aimer, — ni concevoir aucune impression, aucune pensée affectueuse, — tant elle est éprise d’elle-même ?
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