Léopold Stapleaux

Résumé

Léopold Stapleaux Le roman d'un père (1878)

J'ai horreur de moi, je vous chéris et je vous hais ! Ah ! Marguerite, Marguerite ! pourquoi faut-il que nous soyons à jamais séparés ? pourquoi faut-il que tout en moi me dise : « Aime-la ! » et que tout hors de moi me crie : « Fuis-la ! ton adoration est un crime. »
– Vous vous condamnez vous-même.
– Je vois l'abîme, mais j'en ai le vertige ; il me fascine, il m'entraîne, car, malgré tout, ma vie c'est toi, mon but c'est toi ! En vain un serment me lierait, j'appartiens au mal. Adieu !
Richard, du courage ! écoutez-moi.
Source : Gallica

Léopold Stapleaux Le roman d'un père (1878)

Eh bien, fit-il d'une voix forte, je m'adresse à Dieu dans ce
moment suprême, j'interroge mon coeur, mon sang et mes fibres : et Dieu, comme chaque atome de moi-même, me crie : « C'est ton père ! »
Renaud triomphait.
L'amour filial avait vaincu l'amour !
– Mon Richard, s'écria-t-il en ouvrant ses bras au jeune homme qui s'y précipita.
– Oh ! le ciel est bon ! s'écria Marguerite.
– Mais, reprit Henri au bout d'un moment, en dégageant Marguerite de son étreinte, à ton tour, le moindre doute ne viendra-t-il jamais amoindrir ton affection pour moi ?
– Oh ! jamais !
Source : Gallica

Léopold Stapleaux Le roman d'un père (1878)

Pourquoi, si tu l'aimes mieux, passes-tu tout ton temps près d'Angèle ?
– Je vais chez M. Ferrand, sa fille s'y trouve : c'est un hasard fort naturel.
– Mais tu es un aveugle, mon pauvre Richard ! et c'est à moi de dessiller tes yeux. Crois-moi, mon cher enfant, sans que tu t'en rendes compte, ce n'est ni la conversation d'humoriste de Ferrand, ni la bruyante gaieté de Lambert qui te charment, mais Angèle, rien qu'elle. Si tu ne l'as pas compris, c'est que jusqu'à présent les études sérieuses ont dominé la fougue de tes passions et que l'amour a pris peu de place dans ta vie.
Source : Gallica

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