Résumé

Albert Dumont La Revanche de Joseph Noirel

Non, Marguerite Mirion n’oubliera jamais qu’elle est devenue par une cruelle fatalité comtesse d’Ornis. Qu’elle les aime ou les haïsse, les absens lui sont sacrés.
Il se méprit sur sa pensée, il s’imagina qu’elle lui rappelait les distances qui étaient entre eux. Sa colère éclata. D’une voix âpre et dure : — Je suis plus fou que je ne croyais, s’écria-t-il. Je m’étais figuré que votre âme ne ressemblait pas à toutes les âmes bourgeoises, et j’ai osé vous apporter ici mon cœur, mes rêves et ma vareuse d’ouvrier.
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Albert Dumont La Revanche de Joseph Noirel

Il rouvrit enfin les yeux ; ce qu’il vit lui rendit le courage. Les lèvres tremblantes de Marguerite n’exprimaient ni colère, ni mépris ; son attitude, sa figure, annonçaient seulement la confusion, le désordre d’une âme surprise par un événement imprévu. Ce visiteur qu’on n’attendait point entre brusquement, et rien n’est prêt pour le recevoir. Qu’en fera-t-on ? où va-t-on le loger ? On court, on s’agite, on s’effare, et les ordres se croisent avec les contre-ordres.
Joseph ne laissa pas à Marguerite le temps de se remettre de son effarement.
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Albert Dumont La Revanche de Joseph Noirel

Joseph finit par s’impatienter et frappa ses mains l’une contre l’autre. Elle tressaillit, rouvrit les yeux et s’aperçut qu’elle n’avait pas quitté la terre, qu’elle était couchée au bord d’un ruisseau qui parlait, près d’un bois à qui le vent murmurait son nom, que décidément elle n’était pas morte, que le couteau l’attendait toujours. Elle se dressa brusquement sur son séant, agitée d’une sourde colère. Elle était donc jusqu’au bout à la merci de ses illusions ; comme la vie, la mort la trompait. Sa colère s’en prit à l’univers entier, et surtout à Joseph.
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